FSF France : Free viole la Licence GPL
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Depuis le temps que ça parle ici et là de Free et de GPL, sujet à megaTroll puissance 20, la FSF France via les Echos fait savoir publiquement que Free est en violation de la licence GNU GPL (General Public Licence).

Avant d’aller plus loin, il faut savoir que cette GPL est une licence d’utilisation* établie par le projet GNU. Son principe est basé sur quatre libertés qu’on peut résumer ainsi :

  • La liberté d’étudier un programme et d’apprendre comment il fonctionne.
  • La liberté de l’adapter à son besoin.
  • La liberté de distribuer des copies.
  • La liberté de publier une version améliorée du logiciel.

Principe dit « Open Source » car le code des programmes est public. Attention toutefois à ne pas confondre la notion de free software avec la notion de gratuité ! Un programme open source peut être payant, mais dans les faits, il s’agit souvent de dons. De plus cet aspect de gratuité est très réducteur de la richesse de l’Open Source (GNU a été déclaré trésor mondial par l’UNESCO).

Un système d’exploitation comporte plusieurs parties, dont une, le noyau, qui créé le lien entre le système et le matériel. C’est précisément le rôle de Linux dans les distributions GNU/Linux. Celui-ci, comme le système GNU, est publié sous licence GPL dans sa version 2 (dit : GPL v2).

Pour aller droit au but, disons que le Modem prété par Free, la Freebox, est un mini ordinateur, et qu’en tant que tel… il a besoin d’un système d’exploitation. Le choix de Free s’est porté sur le noyau Linux… facilement accessible et modulable, il permet un developpement aisé et adapté aux besoins du FAI. Free n’est pas le seul sur ce terrain car Neuf avec son mobile et Orange avec ses (sa) Livebox ne sont pas clairs non plus. Orange dispose de deux modèles une Inventel et une Sagem. Si Inventel joue partiellement le jeu, il n’en va pas de même pour sagem.

Certaines parties du logiciel des points d’accès INVENTEL sont soumises à un copyright.
Ce fichier rassemble les notices de ces logiciels dont nous ne publions pas les sources
/* milli_httpd – pretty small HTTP server
** A combination of micro_httpd – really small HTTP server
** and mini_httpd – small HTTP server
**
** Copyright © 1999,2000 by Jef Poskanzer .
** All rights reserved.
**
** […]
*/
The uClibc C library is used under the terms of the LGPL license. It is used unmodified from the original
package.
The source code is available on : http://www.uclibc.org/

Une loi pour Free ?

Free a pourtant une bonne expérience du libre : Conférence sur le libre avec le LUG Finix, architecture de pages perso utilisant des solutions libres. Sa hotline Centrapel utilise exclusivement des distributions Linux. Mais la réponse du Fournisseur d’Accès à Internet à l’accusation de la FSF paraît étonnante.
En effet il existe en France une loi permettant aux opérateurs de télécommunications de garder certaines données secrètes afin de garantir l’intégrité d’un réseau.

Est-ce réellement une excuse pour profiter d’un travail déjà accompli sans respecter la volonté des auteurs ? Pourquoi dans ce cas ne pas préférer un noyau sous licence BSD qui permet justement ce genre de chose ?

Une freebox libre : danger ?

La communauté de Freenaute étant ce qu’elle est (non je ne le dirai pas), des projets ont pu voir le jour, comme celui d’OpenFreebox qui vise à pouvoir construire un firmware** libre (projet comparable à OpenWRT pour le routeur Wrt54g de Linksys). Pour que Free soit en conformité avec la GPL, hormis le principe de confiance, n’importe qui doit être capable de reconstruire un firmware à partir des sources fournies par Free. Le projet OpenFreebox n’en est pas, comme c’était le cas avec le wrt54g, à la modification du firmware, mais clairement à la tentative de démarrer un système libre sur freebox, ce qui montre que le projet ne détient pas toutes les clefs pour construire ledit firmware.

Lors d’un chat à l’ouverture du projet OpenFreebox, Rani Assaf avait échangé quelques mots avec les membres du projets. Dans un de nos premiers articles nous résumions d’ailleurs ce chat dans lequel R. Assaf explique pourquoi le firmware n’est pas totalement ouvert. Double discours donc, d’un côté Free affirme est en accord avec les termes de la licence, mais de l’autre reconnait ses tords en les excusant.

Nous écrivions : « Rani Assaf a ajouté que toutes les modifications faites au kernel de Linux (ou aux autres logiciels tels que VideoLan) par Free ont été rendues publiques. A ce sujet, pour montrer encore une fois la bonne volonté de Free à rendre du code source disponible et l’implication de Free dans les projets open source (Linux, VideoLan…), Rani Assaf a évoqué la réalisation d’une ébauche de proposition à l’IETF (groupe d’élaboration de standards pour Internet) concernant le protocole de gestion des droits RDP utilisé au niveau du DSLAM Freebox. »

Il semble donc que personne ne parvienne à trouver ces modifications, le chat datant pourtant du mois d’avril dernier.
Les raisons à ce silence sont pour beaucoup des questions de sécurité des réseaux TV, Téléphonie, et administration via internet. Un exemple concret : on sait que les droits de TV sont gérés sur les DSLAM, mais en reconfigurant à sa guise la freebox, on pourrait la faire passer pour une autre, et ainsi obtenir plus de ces droits.

La conséquence directe serait le retrait des ayants droits dans les offres de Free… plus ou moins de chaines, radios, concerts, films etc…

Est-ce pour autant une solution que la sécurité par le silence ?

Quelles solutions ?

Il y aurait pourtant bien quelques solutions… comme par exemple, fournir un firmware libre, cependant agrémenté de quelques binaires*** pour les parties sensibles… que peuvent être la TV, la téléphonie, ou un module spécial d’identification permettant de signer ces binaires. Ainsi, libre à chacun d’utiliser un autre firmware, ajoutant les fonctionnalités qu’il souhaite, et chargant (ou pas) un module TV inchangé et fidèle à celui signé par Free. Cette solution avait été évoqué lors du chat mais elle ne demeurre toujours pas libre ! Une autre consisterait à blinder le réseau, ce qui empecherait tous curieux de s’y introduire.

Quand la communauté du libre ne sait pas ce qu’elle veut

Si la FSF a les idées claires et suis coute que coute la GPL dans ses versions actuelle et futures, il n’en va pas de même pour tout le monde.
En effet le projet GNU travaille en ce moment sur la révision 3 de sa licence. Celle-ci prévoit notament ce genre de situation, comme d’autres, et arme mieux la licence dans le cas d’une poursuite en justice. Elle interdit par exemple, à un logiciel GPL d’intégrer un DRM.

Dans le cas du noyau Linux, elle est dite par beaucoup comme étant trop restrictive, car les constructeurs ne pourront plus intégrer le noyau dans leur systèmes s’ils n’en redistribuent pas une copie. Ou encore il ne pourrait plus y avoir de noyau Linux dans un baladeur MP3 intégrant un système de DRM. Mais les développeurs n’ont-ils pas publié leur code sous GPLv2 justement pour que ce genre de chose n’arrive pas ?
Certains avancent que, néanmoins, cela contribue à l’adoption des logiciels libre, et leur promotion. Mais quelle promotion ? Quand un constructeur le fait il ne s’affiche pas Linux inside. Qui est alors au courant à part le nerd qui est allé faire un nmap sur une interface en attendant que sa compilation se termine…

Le travail autour de la GPLv3 tourne autour du respect dans le détail des 4 principes fondamentaux de liberté de la GPL, principes basés sur un esprit communautaire et de partage de l’information. Il semble pourtant que les enjeux économiques aient eu raison de quelques unes de ces libertés comme en témoigne le récent sondage sur la volonté de migrer le noyau Linux vers la future licence GPLv3.

Free avait semblé intéressé pour aller dans le bon sens en commençant par proposer des v2 afin, pour OpenFreebox, de se faire les dents dessus, avec la partie adsl en tant que binaire, ce qui promettait une liberté d’action sur le matériel, branchement de périférique sur usb par exemple, tout en bénéficiant toujours d’une connexion internet.

Enfin, on peut lire ici, ou encore , que Free risque un procès… Je sais bien que la terre des bisounours c’est sympa (salut Alec,) mais il ne faut pas oublier que pour ça il faut de l’argent… et que ce risque est donc très minime. D’autant qu’il n’y a pas encore eu de Jurisprudence en France (quid de sitecom ?), et que les arguments avancés par Free sont habiles (à savoir que la Freebox leur appartient et n’est pas distribuée, que lorsqu’on « achete » une Freebox, on achete un tas de ferraille sans soft) et demandront une étude spécialisée, ce qui prend du temps, et donc… de l’argent.

Gageons cependant que le FAI ait l’intelligence de régler ça en bons termes avec la FSF, car sa communauté de geek (arg je l’ai dit) notament ne saurait apprécier un tel dénouement judiciaire.

De son côté, Orange se dit prêt à négocier avec des associations… Mesdames, Messieurs, cessez ces enfantillages, la liberté… c’est non négociable !


* : Oui le CLUF ou EULA que 99% des utilisateurs zappent par un « next » lors de l’installation d’un logiciel

** : Un firmware est un micrologiciel, souvent embarqué dans des équipements léger, baladeurs, routeurs, consoles de jeu, etc…

*** : Un binaire est un fichier ou logiciel compilé dont on ne peut avoir accès aux sources. Il reste cependant la possibilité aux plus experts d’effectuer un « reverse engineering » afin d’étudier le comportement du binaire et d’espérer le remplacer.

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