Amazon : 130000 objets invendus détruits

Amazon : 130000 objets invendus détruits

Une enquête menée dans un entrepôt du géant en Écosse suggérait qu’il détruisait des millions d’articles par an. Un ancien employé a témoigné, chargeant la plateforme.

Une vidéo tournée en caméra cachée par le média britannique ITV News montre des salariés d’un entrepôt Amazon situé au Royaume-Uni en train de détruire des stocks d’invendus. Parmi le matériel détruit figurent notamment « des ventilateurs Dyson, des aspirateurs, des produits Apple ou encore 20.000 masques chirurgicaux encore sous plastique », selon un ancien employé.

En l’espace d’une semaine, « notre objectif était de détruire jusqu’à 130.000 objets par semaine », a expliqué un ancien employé du centre de Dunfermline au média britannique. Lors de leur enquête, les journalistes ont pu avoir accès à des documents révélant, par exemple, que 124.000 produits portaient la mention « destruction » et 28.000 l’inscription « donation ».

 

Amazon détruit-il chaque année des millions d’articles invendus ?

À Dunfermline, dans le comté écossais de Fife, les caméras de la chaîne britannique ITV News ont mené l’enquête au sein de l’entrepôt du géant américain de l’e-commerce. Une enquête qui, comme l’a repéré le site du quotidien La Libre lundi 21 juin, suggérait que l’entreprise américaine détruisait chaque année des articles invendus par millions. Téléviseurs connectés, drones, sèche-cheveux, ordinateurs portables… des tas d’objets seraient triés et stockés dans des boîtes sur lesquelles serait affichée la mention « à détruire ».

La chaîne a également enregistré le témoignage d’un ancien employé de l’entrepôt écossais. L’homme a affirmé qu’Amazon avait pour « objectif » de « détruire 130.000 articles par semaine ». Il a raconté avoir pendant longtemps gardé le silence avant de ne plus pouvoir se taire. Selon lui des aspirateurs et des ventilateurs de grande marque, tout comme des ordinateurs et tablettes fabriqués par Apple, ont été régulièrement détruits. « Dans l’ensemble, 50 % des articles ne sont pas ouverts et sont toujours dans leur emballage d’origine. L’autre moitié est constituée de retours et est en bon état », a-t-il également détaillé auprès d’ITV. Avant d’ajouter : « Les salariés ne réagissent même plus face à ce qu’on leur demande de faire ».

La chaîne a également révélé que, selon un document interne ayant fuité, plus de 124.000 articles étaient voués à être détruits sur une même semaine en avril dernier. Alors qu’en comparaison, seuls 28.000 articles étaient marqués « à donner » sur la même semaine. Face à ces accusations, Amazon a toutefois nié l’envoi d’articles en parfait état à la décharge, indique La Libre. Un porte-parole de l’entreprise créée par Jeff Bezos a précisé, dans des propos rapportés par le quotidien belge, que si les caméras de la chaîne britannique ont bien pu suivre des camions depuis le site écossais d’Amazon vers la déchèterie, aucun article n’est cependant simplement détruit. La décharge en question, celle de Lochhead, faisant en réalité partie du centre de recyclage de Dunfermline.

 

Amazon insiste : son objectif est « zéro produit éliminé »

Auprès d’ITV, le géant du e-commerce a insisté sur son « objectif de zéro élimination de produits ». « Notre priorité est de revendre, de donner à des organisations caritatives ou de recycler tous les produits invendus », a détaillé l’entreprise. « Aucun article n’est envoyé à la décharge au Royaume-Uni. En dernier recours, nous envoyons des articles pour en récupérer l’énergie, mais nous travaillons dur pour ramener à zéro le nombre de fois où cela se produit », a-t-elle ajouté l’entreprise. Au total, Amazon possède 24 entrepôts similaires à celui de Dunfermline dans tout le Royaume-Uni.

Une loi interdit cette pratique en France

Cet immense gâchis s’explique notamment par le modèle économique d’Amazon. La société facture des frais de stockage de plus en plus élevés aux vendeurs qui souhaitent passer par sa marketplace, à mesure que le temps passe. Lorsqu’ils se retrouvent avec des invendus, ceux-ci préfèrent souvent qu’Amazon procède à la destruction de ces produits plutôt que de les récupérer à leurs propres frais.

Si en Angleterre cette pratique n’est pas illégale, en France une loi datant de 2019 oblige au réemploi, don et recyclage des invendus. Cela avait été décidé à la suite d’un reportage de Capital, diffusé sur M6, dans lequel on pouvait voir des produits détruits dans un entrepôt Amazon de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), précise BFMTV à ce sujet.

 

 

Sébastien