Amazon USA, conditions de travail

Amazon USA, conditions de travail

Amazon a annoncé mardi un assouplissement des contrôles de ses employés après la publication d’un nouveau rapport accablant sur les accidents au travail dans ses entrepôts américains, réputés pour leurs cadences infernales.

Le système baptisé « Time off Task » (« temps non travaillé »), qui mesure la productivité de chacun des ouvriers chargés de trier, emballer et déplacer les colis, « peut facilement être mal interprété », note Dave Clark, un directeur du géant du commerce en ligne, dans une lettre aux salariés.

De nombreux employés et associations accusent cette méthode de causer du stress inutile, en ne laissant pas suffisamment de temps pour se rendre aux toilettes, par exemple.

Le groupe de Seattle est de nouveau accusé par des syndicats américains de ne pas suffisamment se soucier de la santé de ses employés, à l’approche de sa gigantesque opération de soldes annuelles.

« Les travailleurs des sites Amazon se blessent plus souvent, et plus gravement que dans les entrepôts d’autres entreprises », affirme une coalition de syndicats, le Strategic organizing center, dans un rapport publié mardi.

Selon cette étude, l’année dernière, près de 6% des ouvriers des centres de tri du géant du commerce en ligne ont été victimes d’un accident qui les a forcés à s’arrêter temporairement ou à prendre un poste différent, moins contraignant physiquement.

« Ce taux est quasiment 80% plus élevé que pour tous les autres employeurs ayant des entrepôts sur l’année 2020 », continue le rapport.

 

Près de 6 % des ouvriers des centres de tri victimes d’un accident

Le groupe de Seattle est de nouveau accusé par des syndicats américains de ne pas suffisamment se soucier de la santé de ses employés, à l’approche du « Prime Day », une gigantesque opération de soldes annuelles qui nécessite chaque année un renforcement de ses équipes.

« Les travailleurs des sites Amazon se blessent plus souvent, et plus gravement, que dans les entrepôts d’autres entreprises », affirme une coalition de syndicats, le Strategic Organizing Center, dans un rapport publié mardi.

Selon cette étude, l’année dernière, près de 6 % des ouvriers des centres d’Amazon ont été victimes d’un accident qui les a forcés à s’arrêter temporairement ou à prendre un poste différent, moins contraignant physiquement. « Ce taux est quasiment 80 % plus élevé que pour tous les autres employeurs ayant des entrepôts sur l’année 2020 », continue le rapport.

Assouplir le système de contrôle des horaires dans les entrepôts doit permettre de revenir « à son objectif premier », qui est de « comprendre s’il y a des problèmes avec les outils que les personnes utilisent pour être productives, et seulement en second lieu d’identifier les employés moins performants », a assuré M. Clark.

« Nous avons étendu notre équipe chargée de la santé et de la sécurité au travail à plus de 6 200 employés et investi plus de 1 milliard de dollars dans de nouvelles mesures de sécurité en 2020 », a réagi Kelly Nantel, une porte-parole du groupe, sollicitée par l’Agence France-Presse au sujet du rapport des syndicats.

 

Les syndicats perçus comme une menace

Ces différentes campagnes de communication renvoient vers le site Internet doitwithoutdues.com, qui invite, au travers d’une iconographie colorée et positive, les travailleurs à « agir plutôt que de payer des cotisations ». La syndicalisation y est présentée comme un frein au dialogue. Si elle venait à passer, « il ne sera plus aussi facile » que par le passé « d’être utile et solidaire les uns avec les autres », expliquent les visuels du site.

De son côté, Heather Knox, directrice de la communication pour les Etats-Unis et l’Amérique du Nord chez Amazon, a déclaré qu’il était « important que [leurs] collaborateurs comprennent ce qu’implique de rejoindre un syndicat » et qu’ils allaient « faire de la pédagogie sur ce point ». En effet, elle insiste sur le fait que « si le vote passe, cela impactera l’ensemble des collaborateurs du site ».

Contacté par Le Monde, le géant du commerce en ligne a également tenu à mettre en avant le « salaire de départ de 15,30 dollars de l’heure » des employés qui travaillent à l’entrepôt BMH1 (alors que, le rappelle Amazon, le salaire minimum en Alabama est de 7,25 dollars de l’heure) ainsi que la « mutuelle et [le] plan d’épargne retraite avantageux » dont ils bénéficient. En outre, Amazon affirme que « plus de 90 % des collaborateurs de [leur] site de Bessemer affirment qu’ils recommanderaient Amazon comme employeur à leurs amis ».

Amazon n’est pas le seul GAFA à vouloir décourager les travailleurs à rejoindre des syndicats. Facebook a notamment développé un outil pour Workplace, son réseau social privé destiné aux entreprises, qui permet aux dirigeants de limiter la visibilité de certains contenus. Lors de la présentation de cette nouvelle fonctionnalité, Facebook avait présenté le mot « syndicalisation » comme l’un de ceux qu’on pouvait inclure dans cette liste noire.

De son côté Alphabet, la maison mère de Google, s’est également livrée à une longue bataille contre ses employés pour essayer, en vain, d’empêcher la création d’un syndicat au sein du groupe.

Plusieurs mois de tensions internes

La formation d’un syndicat chez Google intervient après plusieurs mois de tensions internes. En 2018, des salariés de Google ont signé une pétition demandant à leur PDG Sundar Pichai de mettre fin à la participation du groupe au programme de recherche du Pentagone baptisé « Maven ».

La même année, des salariés du groupe ont protesté solennellement contre l’octroi de grosses indemnisations de départ à des dirigeants accusés de harcèlement sexuel, dont 90 millions de dollars au patron d’Android, Andy Rubin.

Plus récemment, c’est le licenciement en décembre 2020 de Timnit Gebru, une chercheuse noire sur les questions d’éthique liées à l’intelligence artificielle, qui a cristallisé la colère des salariés. « Ce licenciement a suscité l’indignation chez bien d’entre nous, notamment chez les Noirs et les Hispaniques, qui sont bouleversés par les actions de l’entreprise et n’ont pas d’assurance sur leur avenir chez Google », dénoncent encore les fondateurs du syndicat.

La pression des autorités américaines sur Google augmente également. Une coalition d’Etats a engagé, le 17 décembre, des poursuites pour pratiques anticoncurrentielles à l’encontre du géant de l’Internet. Elle s’ajoute à deux autres plaintes déjà déposées pour des motifs similaires.

 

Sébastien