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Canon EOS R3 : l’appareil haut de gamme et hybride

C’est en avril 2021 que Canon avait annoncé le développement de l’EOS R3, un appareil photo hybride 24×36 pour photographes de sport, journalistes ou ceux dont le besoin d’une cadence de prise de vue très rapide est primordial. Aujourd’hui, le constructeur présente en détail son nouveau boîtier à travers un événement diffusé en ligne et sous-titré : “L’annonce la plus excitante de l’année.”

Si l’EOS R3 devient l’hybride le plus haut de gamme du constructeur devant l’EOS R5, le reflex EOS-1D X Mark III reste toutefois au sommet de la pyramide. De quoi présager l’arrivée d’un hypothétique EOS R1 qui ferait vaciller le reflex professionnel et scellerait ainsi le sort de la lignée reflex.

Après Sony et son Alpha 1 (A1) et maintenant Canon avec l’EOS R3, il ne manque plus que Nikon et son Z9 pour comparer les trois constructeurs sur leurs boîtiers premium. Bien sûr, Panasonic pourrait sortir un appareil pour professionnels, lui aussi très haut de gamme, mais rien ne nous laisse envisager une telle naissance pour le moment.

 

Tout simplement le meilleur boîtier hybride de Canon

Au rayon des caractéristiques techniques inconnues jusque là, Canon dévoile la résolution de l’EOS R3. S’il est bien équipé d’un capteur empilé CMOS plein format, le boîtier affiche une résolution de 24,1 Mp. C’est certes moins que ce que propose le Sony A1 (50 Mp, pour rappel), mais compte tenu de l’orientation « sport » du R3, c’est loin d’être un problème. D’autant que le tant apprécié EOS 1D X Mark III , au rang des appareils photo reflex , compte pour sa part 20,1 Mp. Par ailleurs, le capteur empilé, une première chez Canon, permet une capture plus rapide de l’action sans distorsion de l’image.

Côté vidéo, l’EOS R3 n’est pas non plus en reste. Alors que l’on en savait peu avant la présentation officielle, Canon dévoile que son nouvel hybride peut filmer en 6K à 60 images par seconde en format RAW internet et en 4K jusqu’ à 120 ips. Il semblerait que le constructeur a progressé du côté de la surchauffe qu’implique une capture vidéo prolongée à un tel format, comme l’indique le test réalisé par Techradar. Canon a également inclus le format Cinema Raw Light, qui permet de réduire drastiquement la taille des fichiers vidéos sans perdre en qualité d’image.

 

Un viseur servant aussi à faire la mise au point

Du côté de la construction du boîtier en lui-même, le Canon EOS R3 est équipé d’un écran LCD de 3,2 pouces au dos. Tactile et orientable à 180 degrés, il profite d’une définition de 4,15 millions de points. Le viseur OLED quant à lui peut afficher 5,76 millions de points. Particularité de ce viseur, il peut être utilisé pour sélectionner la zone de mise au point en plus du contrôleur intelligent et du multi-contrôleur. « Dans les situations où l’action se déroule rapidement, cela permet de faire la mise au point instinctivement au bon endroit par la simple action du regard », explique Canon.

 

Gabarit pro

S’il a le « physique » d’un reflex 1D, avec une poignée verticale intégrée, l’EOS R3 n’en demeure pas moins un appareil sans miroir. Nu, il pèse 1 015 g (avec carte et accu), contre 1 250 g pour le 1D X Mark III. Le pentaprisme laisse la place à une dalle Oled de 5,76 Mpts, avec un grossissement 0,76x, un dégagement oculaire de 23 mm et un taux de rafraîchissement de 120 im/s. Il sera possible d’opter pour une simulation de visée reflex (OVF), pour les nostalgiques de la visée « réelle ». Et donc, de piloter les collimateurs AF littéralement à l’œil, comme cela a été annoncé en amont par Canon. Une technologie vue sur les EOS 3 et 5 argentiques notamment, qui bénéficie d’un menu dédié, dans le R3, avec six paramétrages à la clé. Il sera possible de modifier la forme du témoin (rond par défaut).

L’autofocus hybride AF Dual Pixel II passe à 4 779 points (contre respectivement 6 072 et 5 940 points sur les R6 et R5) avec une sensibilité à -7,5 IL sur le collimateur central. Soit 1 IL de mieux que les EOS R5/R6. La reconnaissance des visages et des yeux est bien sûr accessible, sur les humains ou les animaux (chiens, chats, oiseaux). Mais aussi les véhicules, notamment les voitures et motos, ce qui sera utile aux photographes postés en bordure de circuit.

Vidéo 6K Raw

En vidéo, l’EOS R3 offre la possibilité de tourner en 6K Raw 12 bits, en interne, à 24, 25 ou 50 im/s, avec le profil Log 3. On pourra aussi filmer en 4K DCI ou UHD, jusqu’à 100 im/s, ou bien à 24, 25 ou 50 im/s. Mais a priori, pas de format Raw à cette définition. Il faut le souligner, tout cela sans limite de durée d’enregistrement.

On pourra brancher un casque et un micro… dont un nouveau venu, le DM-E1D (419 €), un modèle entièrement numérique, compatible avec la nouvelle griffe multifonction à vingt-et-une broches (on pourra tout de même utiliser les précédents flashs et accessoires prévus pour les griffes à cinq broches).

Pas besoin de câble avec ce micro stéréo, qui offre trois directivités. L’écran LCD arrière de 3,2 pouces, tactile, s’articule dans toutes les directions, avec une définition record à la clé de 4,15 Mpts.

Protégé comme il se doit contre les intempéries, grâce à de nombreux joints d’étanchéité, le boîtier en alliage de magnésium devrait être un roc, dans la lignée des reflex 1D. Il est alimenté par l’accu LP-E19, le même qui officie dans l’EOS-1D X Mark III. Pour répondre aux besoins des professionnels, notamment les agences, il sera possible de transmettre ses fichiers en WiFi (5 GHz), mais aussi en Bluetooth au besoin, via l’application Camera Connect, ou Mobile File Transfer App. Ce qui permettra aussi de mettre à jour le firmware de l’appareil.

 

Capteur de 24,1 Mpx et plus de rolling shutter

Pour l’heure, découvrons les principales caractéristiques de l’EOS R3. Nerf de la guerre, nous savons maintenant que le capteur bénéficie de 24,1 mégapixels. La définition peut paraître limitée pour un appareil de ce type, d’autant plus si on le place en face de l’Alpha 1 (A1) de Sony qui propose un capteur de 50 Mpx. Canon présente ce choix comme un équilibre parfait entre vitesse, sensibilité et taille des fichiers.

D’ailleurs, la sensibilité du capteur ne fait pas dans l’extravagance et oscillera entre 100 et 102 400 ISO. Le photographe pourra étendre à 204 800 ISO. Le capteur reprend la technologie Dual Pixel pour l’autofocus, mais son principal intérêt ne réside pas là. En effet, celui de l’EOS R3 devient le premier capteur stack — empilé en français —, ce qui permet de réduire le rolling shutter, ces déformations que l’on peut avoir en vidéo ou en photo, notamment en utilisant l’obturation électronique.

 

Appareil ultrarapide

Associé au capteur, Canon reprend le processeur Digic X que l’on a déjà vu dans l’EOS R5 ou l’EOS R6. La marque promet alors un réveil de l’appareil en 0,4 s. Nous ne manquerons pas de vérifier ce point. Autre caractéristique que l’on n’a pas l’habitude de voir, l’obturation électronique est limitée à 1/64 000 contre une valeur de 1/32 000 plus classique sur les appareils haut de gamme.

Bien sûr, le mode rafale a son importance sur un tel boîtier. 30 i/s au maximum sont prévues, une caractéristique que Canon avait révélée plus tôt dans l’année. Avec l’obturateur mécanique, l’appareil est limité à 12 i/s contre 16 i/s pour l’EOS-1D X Mark III. En outre, la synchronisation flash sera opérationnelle à 1/180 en obturation électronique et avec une rafale de 15 i/s.

La mémoire tampon est illimitée en mécanique, mais de seulement 150 vues en raw et en électronique. C’est un peu limite, surtout à 30 i/s. Pour augmenter ce chiffre, il faudra se contenter du format jpeg qui permet d’enregistrer jusqu’à 540 images.

Conçu pour durer et travailler

Boîtier professionnel destiné à encaisser de longues sessions photo sous la pluie – que ce soit en chassant le brame du cerf ou bien les essais transformés des joueurs de l’Union Bordeaux Bègles – l’EOS R3 est un boîtier monobloc (avec commandes verticales) tout en alliage de magnésium et renforcé de joints de partout. Il pourra prendre pluies et poussière, au Sahara comme au Groenland, comme tout boîtier pro qui se respecte.

Dédié notamment aux reporters des agences photo, il dispose d’une prise Ethernet RJ45 Gigabit pour travailler en filaire sur des événements type J.O. et autres coupes du monde. Une offre connectée qui sera renforcée par une app smartphone (iOS à la sortie, Android à partir de 2022) qui permettra aux pros d’annoter les images, préparer les données IPTC, etc.

Mais côté énergie, il va demander une nouvelle attention de la part des photographes. Car par rapport aux reflex sport actuels -les Canon EOX 1SX Mark III et Nikon D5- la durée de vie sa batterie est bien moindre. Alors que les deux reflex susmentionnés encaissent de 2850 (1D X Mark III) à 3780 clichés (D5), l’EOS R3 est très en retrait. En visée par l’écran, la spécification CIPA promet 860 clichés et seulement 620 clichés par le viseur électronique – qui est la méthode de travail la plus probable pour un tel appareil.

Là où un D5 à moitié chargé permet d’encaisser un match de foot sans craindre la panne, les photographes en EOS R3 auront intérêt à avoir quatre à cinq batteries supplémentaires sous la main pour tenir la journée. Un état de fait qui s’explique qu’entre le viseur (toujours plus gourmand que les écrans LCD, ndr), l’écran arrière et surtout un capteur d’image toujours actif, les hybrides consomment toujours beaucoup plus que les reflex.

 

Accessoires, prix et disponibilité

Canon introduit également une nouvelle semelle multifonction qui assure la liaison et l’alimentation de nouveaux accessoires. Ceux-ci pourront donc fonctionner sans câbles ni batterie. Et au rayon des accessoires, le fabricant japonais a mis le paquet. Le micro directionnel DM-E1D, le transmetteur Speedlite ST-E10, et l’adaptateur de griffe multifonction AD-E1, indispensable pour assurer l’étanchéité de l’appareil, rejoignent les étals de Canon. Dès 2022, l’adaptateur AD-P1 conçu pour faire de son smartphone un moniteur externe sera également disponible à l’achat.

De concert avec l’annonce de l’EOS R3, Canon a aussi introduit deux nouveaux objectifs de la gamme RF : le 16 mm f/2.8 STM, un ultra grand-angle à focale fixe, ainsi que le 100-400 mm f/5.6-8 IS USM, un téléobjectif compact, polyvalent et stabilisé.

Commercialisé dès novembre à un prix de vente conseillé de 5 999 euros (boîtier nu), le Canon EOS R3 se glisse sous le tarif de vente initial du 1D X Mark III (7 290 euros) et du Sony A1 (7 299 euros).

 

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