Les transactions de cryptomonnaies rendues illicites par la Chine

Les transactions de cryptomonnaies rendues illicites par la Chine

Cela fait des mois que la Chine serre petit à petit la visse concernant les cryptomonnaies et toutes les activités liées, afin de garder le contrôle sur son économie. Vendredi matin, le pays a déclaré illégales toutes transactions de cryptoactifs et toutes activités connexes à l’intérieur de ses frontières. Une répression massive qui a fait chuter brutalement le Bitcoin et d’autres cryptomonnaies populaires.

Au début du deuxième trimestre 2021, le Bitcoin atteignait des sommets (plus de 52 000 € en avril) et continuait d’attirer de nombreux investisseurs récréatifs. Suite à cette vague d’enthousiasme surfait, la cryptomonnaie a beaucoup fluctué pour se stabiliser à nouveau que récemment. Mais elle est soudainement passée d’un sommet de 38 000 euros vendredi matin à un peu plus de 36 000 euros actuellement, suite à cette dernière annonce.

La Banque populaire de Chine a fait cette déclaration dans une section question-réponse publiée sur son site Web. « Les échanges de devises virtuelles à l’étranger qui utilisent Internet pour offrir des services aux résidents nationaux sont également considérés comme une activité financière illégale », peut-on lire dans le communiqué.

 

11 déclarations officielles en 8 ans

Les cryptomonnaies se sont remises de l’agitation en Chine plus d’une dizaine de fois au cours des 8 dernières années. Depuis 2013, la Chine et Hong Kong ont « interdit » à de multiples reprises le Bitcoin et les cryptomonnaies.

La première interdiction officielle du BTC date de plus de 8 ans. En 2013, la Banque populaire de Chine avait qualifié les cryptos de «monnaie sans signification réelle ». En incluant la dernière annonce, on ne dénombre pas moins de 11 déclarations officielles émanant des régulateurs chinois et hongkongais faisant allusion à l’application d’une interdiction sur les cryptomonnaies, les exchanges ou le minage.

Une interdiction qui fait réagir encore le marché même si l’influence des nouvelles provenant de Chine semble se réduire année après année. Est-ce vraiment surprenant qu’un régime totalitaire veuille restreindre la liberté de ces citoyens et avoir un contrôle total sur les flux de capitaux ?

 

Les banques accompagnent les interdictions du gouvernement national

La première restriction est intervenue dès 2013. À l’époque, la restriction visait les banques afin qu’elles n’autorisent pas les transactions liées aux crypto-monnaies, comme, par exemple, une transaction d’achat de BTC par virement bancaire.

En juin dernier, le gouvernement a de nouveau interdit aux banques d’autoriser de telles transactions.

De même, en mai 2021, les établissements et applications de paiement ont été invités à ne pas proposer de services permettant les activités liées aux crypto-monnaies. La volatilité du marché de ces actifs a été prise en compte comme l’un des risques pour lesquels les autorités ont justifié la mesure.

De telles justifications ont également été invoquées pour faire appliquer la loi, comme la présomption de blanchiment d’argent en crypto-monnaies qui a conduit au démantèlement de 380 groupes et à l’arrestation de 2 400 suspects en juillet de cette année. Selon les autorités, les fonds en crypto-monnaies provenaient d’affaires de fraude téléphonique.

 

Le dernier lien : le minage du bitcoin et des crypto-monnaies

En plus de l’interdiction, il faut rajouter le veto contre le minage, qui a commencé en mai de cette année.

Ces mesures ont été adoptées par plusieurs régions de Chine, où dans certaines d’entre elles, les villageois ont été invités à signaler la présence de fermes minières.

Alors que dans le passé, elle a été mise en garde contre la centralisation du minage de bitcoins sur son territoire, actuellement, cette activité est interdite dans 8 provinces de Chine, ce qui a généré un exode massif des mineurs vers d’autres régions du monde comme les États-Unis et le Kazakhstan. Ces mesures auraient été proposées en 2019, sous l’excuse du gaspillage énergétique.

Aujourd’hui, les mineurs profitent librement d’autres options énergétiques dans le monde, comme dans l’État du Texas, aux États-Unis, ou au Paraguay.

Certains experts pensent que la Chine a interdit le minage dans le but de tuer le bitcoin, mais il est clair que les décisions d’un gouvernement ne nuisent pas à la crypto-monnaie et au protocole décentralisés originaux.

Le prix du bitcoin peut souffrir un peu des rumeurs et des nouvelles, tout comme le taux de hachage, mais c’est vraiment la Chine qui s’interdit de participer à une technologie qui révolutionne le monde.

 

Twitter amortit la chute du cours du Bitcoin !

Sans surprise, suite à ce communiqué, le cours du Bitcoin et autres cryptos ont pris un coup ! Le Bitcoin a ainsi perdu près de 5 % en une heure. Dans le même temps, l’Ethereum perdait environ 7 % et les altcoins entre 6 et 9 %.

Heureusement, une bonne nouvelle venant des Etats-Unis est venue au secours du Bitcoin ! En effet, Twitter a annoncé l’ajout d’une nouvelle fonctionnalité sur son réseau social. En effet, il sera désormais possible de faire un don (« Tip ») sur Twitter directement en Bitcoin ! Concrètement, sur votre profil Twitter, il vous suffira de renseigner votre portefeuille Bitcoin.

Cette annonce a permis de stabiliser la barre pour le cours du Bitcoin voire même de le refaire passer en vert. Au moment de la rédaction de cet article, le cours du Bitcoin est de 35 378 €. S’il est en baisse d’environ 3 % sur les dernières 24 heures, la situation aurait pu être bien pire tant le weekend a mal commencé pour le BTC. Merci à Jack Dorsey et Twitter !

 

Matthieu CHARRIER