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La manette de la Nintendo GameCube a 20 ans

Ce 14 septembre 2021, le joli petit cube de Nintendo fête les 20 ans de sa sortie. « Déjà ? » Oui, mais avec une petite nuance puisqu’il s’agit de cette époque où la notion de sortie mondiale était utopique pour une console de jeu. Si la GameCube est donc bien sortie le 14 septembre 2001 au Japon, il avait fallu attendre le 3 mai 2002 pour que le commun des Européens puissent se l’offrir.

Ce décalage avait d’ailleurs fini par tourner à l’avantage des joueurs du Vieux Continent et pas seulement en raison d’un catalogue de lancement plus fourni que dans les autres régions. Cas assez unique dans l’histoire des consoles, Nintendo avait en effet baissé le prix de la machine de 250 à 200 euros quelques jours seulement avant sa sortie officielle. Une heureuse surprise pour les consommateurs, surtout quand il avait fallu sortir 480 euros de sa poche seulement deux mois plus tôt pour s’offrir la Xbox, mais aussi un reflet du niveau de compétition acharné dans lequel Nintendo mettait les pieds.

Si vous interrogez votre cercle d’amis, vous pouvez être sûrs qu’au moins une personne a craqué pour la console cubique de Nintendo, qui fête donc ses 20 ans aujourd’hui (elle a été lancée le 14 septembre 2001 au Japon). Peut-être que les concernées l’ont encore dans leur grenier, prêtes à la ressortir du carton lorsqu’elles se sentent d’humeur nostalg

 

Un peu plus de six existante

À une époque où consoles et sorties mondiales étaient pour ainsi dire antinomiques, Nintendo avait logiquement d’abord distribué sa console de sixième génération au Japon, il y a donc 20 ans jour pour jour ce 14 septembre. Quelques semaines plus tard, le 18 novembre 2001, le marché nord-américain fut approvisionné, mais les Européens eurent à patienter encore plusieurs mois.

Sur le Vieux continent, Nintendo a attendu le 3 mai 2002 pour sortir sa (ou son, à vous de voir) GameCube. Remarquez, pour une fois, cela s’est presque fait à notre avantage, puisque quelques jours seulement avant cette distribution européenne, Nintendo avait décidé de baisser (vous avez bien lu) le prix de sa console, qui était passée de 250 à 200 euros.

De plus, les Européens n’ont pas été les plus mal lotis avec cette date de sortie. En Australie, la GameCube n’a déboulé que le 17 mai 2002, et il a fallu patienter jusqu’au 23 août 2002 pour la voir débarquer au Brésil… La fin de production de la console a pour sa part été prononcée par Nintendo le 30 novembre 2007, pour une existence assez courte finalement.

 

Remise en question de la manette

Or si Nintendo souhaitait à l’origine créer une manette grand public, l’entreprise s’est finalement retrouvée avec une manette qui a plutôt séduit les joueurs avertis.

« A l’époque, on était encore dans une inflation de boutons et de la quantité d’actions à maîtriser. Après, ils se sont rendu compte qu’il y avait trop de boutons et que c’était une manette construite pour les gamers Nintendo », explique Nicolas Nova. L’un des responsables du design de la GameCube et de la Wii, Kenishiro Ashida, expliquait ainsi qu’elle était « la somme de toutes les manettes qui l’avait précédée » et donc une synthèse de dix-huit ans de savoir-faire sur la question.

Or cette complexité a ensuite été remise en question par l’entreprise japonaise en raison des faibles ventes de la GameCube. En effet, avec un peu moins de 22 millions d’exemplaires écoulés, elle était à l’époque la console de salon estampillée Nintendo qui s’était le moins bien vendue.

Après le succès de la Wii (2006), Shigeru Miyamoto a même rétrospectivement fait son autocritique. Lors d’une interview donnée en 2008, il la considérait comme une des « déceptions » de sa carrière. « La manette GameCube est le résultat de notre sentiment que si l’on n’ajoutait pas certaines choses, les joueurs ne seraient pas capables de jouer à nos jeux. Ensuite, nous avons réalisé que c’était un problème », jugeait-il.

À peine plus de 20 millions de consoles vendues

Il faut dire que cette GameCube n’est pas vraiment arrivée en terrain conquis. Bien sûr, Nintendo a toujours eu une large communauté d’amateurs prêts à tout pour défendre « leur » société. Il peut aussi compter sur le très large soutien du public japonais, mais la concurrence aura été particulièrement rude en début de XXIe siècle.

Nous n’évoquerons pas le cas de la Dreamcast qui, malgré toute la bonne volonté de SEGA, n’est jamais parvenue à s’imposer. En revanche, impossible d’éclipser l’arrivée d’un mastodonte sur le marché : Microsoft. D’autant que sa Xbox a débarqué le 14 mars 2002 en Europe, seulement quelques semaines après une sortie américaine en grandes pompes. Certes, la console était beaucoup plus chère, mais elle profitait de la formidable force de frappe des États-Unis.

Reste que LE concurrent, LE rouleau-compresseur de cette génération n’est autre que la PlayStation 2 de Sony, et, forcément, face à cette machine historique, la GameCube a eu toutes les peines du monde à suivre. Il s’agit d’ailleurs de l’une des consoles de salon ayant le moins bien marché du catalogue de Nintendo : 21,74 millions de consoles et 208,57 millions de jeux écoulés. On est derrière les 25 millions de Xbox et à des années-lumière des 155 millions de PlayStation 2.

 

Attachement à son ergonomie

Vingt ans après sa sortie, Nicolas Nova considère avec un brin de nostalgie que cet objet marque la fin d’une époque : « Dans les années 1990, c’était un moment d’explosion de créativité dans les périphériques. Il y avait de nombreuses expérimentations dans les styles de manettes. » Il cite ainsi la profusion de boutons de la Jaguar d’Atari (1993), le trident de la Nintendo 64 (1996) ou même le petit écran de la Dreamcast de Sega (1998). « La GameCube, ce sont les dernières couleurs des années 1990 avant une esthétique plus léchée et l’uniformisation des manettes sur le modèle à deux poignées », analyse-t-il.

Or une fraction des joueurs de la GameCube lui est restée fidèle. Après l’intérêt suscité par Super Smash Bros. Melee (2001), l’un des premiers jeux destinés au « cube » de Nintendo, la série a été déclinée à trois reprises, sur chacune des trois consoles de salon du constructeur, avec, à chaque fois, la possibilité de brancher (parfois avec un adaptateur) une manette GameCube sur la nouvelle machine.

Il reste d’ailleurs très attaché à sa première manette. « Puisque je sais désormais l’ouvrir et l’entretenir, c’est avec la coque de cette dernière que je joue aujourd’hui en compétition », tout en précisant que les composants sont ceux d’une manette neuve achetée en 2018.

Mais Bronol fait remarquer qu’aujourd’hui, se procurer une manette de GameCube neuve n’est pas facile. Il déplore la faiblesse des stocks. Résultat : « Les prix dépassent souvent les 100 euros. » Il juge aussi que la qualité des produits neufs est aléatoire : « Il y a un côté loterie », estime-t-il, car certains modèles neufs lui paraissent moins réactifs que d’autres pour effectuer des techniques avancées.

 

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