La police sur TikTok

La police sur TikTok

Alors qu’en France, le caractère structurellement raciste et violent de l’institution policière est dénoncé par une partie de la jeunesse la police nationale a décidé de se lancer sur le réseau social Tik Tok, occupé par plus de 11 millions d’utilisateurs en France dont 41% de 16-24 ans français. Le but est de « garder le contact » et de « toucher le coeur de la jeunesse » pour recruter davantage et calmer la défiance.

 

Après Twitter et Snapchat, l’institution policière se lance sur Tik Tok. Réseau social prisé des 16-24 ans, il permet à tout un chacun de publier de courtes vidéos, généralement plutôt légères et sous le ton de l’humour,sur n’importe quel sujet. Mais il est aussi le lieu de contenu plus politique, à l’instar des comptes ayant mené l’action de sabotage des meetings de Trump pendant la pandémie ou ceux des manifestants Hongkongais.

C’est donc sous la forme humoristique que la police nationale cherche aujourd’hui à produire un contenu éminemment politique dans le but de redorer son image auprès des jeunes. Interviewée par BFMTV, Sonia Fibleuil, commissaire divisionnaire et porte-parole de la police nationale explique les choses sans détour : « La situation est semblable à celle des parents avec leurs enfants : il peut exister des conflits d’autorité mais il faut garder le contact à tout prix. Avec ce compte, nous voulons toucher le cœur de la jeunesse en leur montrant la police avec un pas de côté, un angle différent ». Elle poursuit, faisant allusion à la défiance croissante d’une partie de la population à l’égard de la police : « Il est vrai que cette partie de la population est l’une des plus touchées par les messages de nos détracteurs. ».

Moderniser l’image de l’agent de police

Pas de messages moralisateurs, donc, mais un peu de prévention et surtout une image plus moderne de l’agent de police, précise Sandrine Vranken, la community manager de la police nationale.

Des vidéos très courtes et des musiques tendances… Après la police de Los Angeles ou la police espagnole, la police nationale française débarque jeudi 17 juin sur le réseau social Tik Tok, fort de ses 11 millions d’utilisateurs en France (800 millions à travers le monde), dont 41% âgés entre 16 et 24 ans. « On a un policier, par exemple, qui est en civil et qui saute et qui se met en tenue de policier, explique la porte-parole de la police nationale, Sonia Fibleuil. On a également des vidéos avec les différentes enseignes de la police nationale sur des chemises pour montrer un petit peu les différentes directions. C’est extrêmement diversifié. »

 

Origine de TikTok

TikTok est – à l’origine – un réseau social dont l’intérêt est de partager des vidéos ou des challenges en musique. Est-ce la place de la police nationale?

La place de la police est d’être au cœur de la société. La police s’adapte aux vecteurs de notre société. Actuellement, ce sont indéniablement les réseaux sociaux, en particulier chez les jeunes. Nous avons besoin de garder le contact avec eux.

La situation est semblable à celle des parents avec leurs enfants: il peut exister des conflits d’autorité mais il faut garder le contact à tout prix. Avec ce compte, nous voulons toucher le cœur de la jeunesse en leur montrant la police avec un pas de côté, un angle différent.

Quels contenus la police nationale va partager sur ce nouveau compte ?

Un community manager et une vidéaste vont travailler exclusivement sur ce compte, afin de proposer de courtes vidéos de 10 à 15 secondes qui illustrent, en immersion, la diversité de nos métiers, nos missions, notre routine, avec un côté ludique et créatif.

Il sera possible de suivre un motard de la police nationale, un skieur des CRS montagne ou la routine d’un nageur-sauveteur CRS… Tout ce que nous pourrons montrer dans le format contraint de TikTok, nous le ferons.

Nous allons aussi défier les jeunes en leur proposant un challenge pour co-créer des vidéos. Sur un thème donné, des jeunes nous enverront des vidéos et il sera ensuite possible de faire une production commune.

 

Au-delà du côté ludique, ce compte est-il un nouvel outil de prévention ?

Les vidéos ne seront pas moralisatrices car ce n’est pas la ligne éditoriale de l’application. Mais d’une façon décalée et positive, ce compte permettra aussi de diffuser des messages de prévention sur des problématiques qui touchent spécifiquement la jeunesse, comme par exemple le binge drinking.

Est-ce un moyen de recréer du lien entre la police et la jeunesse ?

Nous souhaitons faire découvrir aux jeunes notre univers et leur partager un message qu’ils n’ont pas l’habitude de voir sur les réseaux sociaux. Ce compte permettra de rappeler notre devise ‘Protéger, le plus beau des métiers’, souvent occultée par l’image véhiculée notamment dans les médias.

Il est vrai que cette partie de la population est l’une des plus touchées par les messages de nos détracteurs. Ce nouveau projet répond en partie à cette problématique, bien que ce ne soit pas l’alpha et l’oméga de la solution. Enfin, l’intérêt est aussi de leur donner envie de nous rejoindre. Nous sommes en pleine campagne de recrutement et les jeunes sont notre cœur de cible.

 

 

 

Sébastien