OVH Cloud, de la panne à l’entrée en bourse

OVH Cloud, de la panne à l’entrée en bourse

Hier, OVH a fait face à de grosses perturbations sur l’ensemble de son réseau suite à une opération de maintenance sur un routeur. L’origine de cette panne est quelques peu cocasse puisqu’elle résulte d’un mauvais copier / coller.

Via son compte Twitter, l’entreprise d’Octave Klaba avait indiqué une maintenance entre 9h00 et 10h30 sur l’un de ses routeurs et avait précisé que celle ci n’aurait aucun impact. Mais il en fût tout autre. En effet, à 9h30 le 13 octobre, une panne touchant l’ensemble du réseau d’OVH était en cours et des milliers de site sous la coupole de l’hébergeur n’étaient plus accessibles.

Le patron de l’entreprise s’est rapidement fendu d’un tweet pour expliquer que ces perturbations étaient dues à une erreur humaine durant la reconfiguration du réseau sur un datacenter situé sur la côte est des Etats-Unis. Dans ce même tweet Octave Klaba explique que la recrudescence des attaques DDoS dernièrement obligeant l’hébergeur à ajouter de nouvelles infrastructures afin de mieux y faire face.

Afin de relancer au plus vite les serveurs et rendre à nouveau accessible les sites impactés, le routeur mal configuré a été coupé.

Un peu plus tard dans la matinée, Octave Klaba s’est à nouveau exprimé sur Twitter pour donner une explications sur cette énorme panne. L’erreur viendrait d’un simple et maladroit copier / coller dans le terminal lors de la reconfiguration du routeur. Le chiffre 4 s’est glissé dans la seconde ligne à la place de la première entrainant des problème d’accès sur IPv4.

 

400.000 serveurs

Depuis sa création en 1999, OVH s’est spécialisée dans l’hébergement de sites Internet, avec succès. L’entreprise gère aujourd’hui 32 datacenters dans 19 pays, pour un total de 400.000 serveurs. Elle est d’ailleurs devenue le premier hébergeur européen.

Cette réussite sur la scène européenne doit énormément au fondateur d’OVH, Octave Klaba. Né en Pologne, il est arrivé en France avec sa famille à l’âge de 17 ans et a appris le français sur le tas lors de ses études d’ingénieur. C’est un petit génie de l’informatique, un bidouilleur, qui n’aime pas la lumière des plateaux télé.

 

Une erreur inévitable     

Pour des questions de coût, énormément de sites se reposent donc sur un seul hébergeur. Seulement voilà, l’infrastructure d’un service comme OVH est excessivement complexe, avec des serveurs répartis tout autour du monde et des routeurs qui redirigent des millions de connexions par jour.

Même en testant des changements de configuration en amont, il est difficile d’identifier tous les éventuels problèmes. « Le laboratoire ne sera jamais une reproduction exacte du vrai réseau […] un réseau de la taille de celui d’OVH est un objet socio-technique très complexe et […] il est très difficile de prévoir les conséquences d’une action », détaille Stéphane Bortzmeyer. Cette complexité est encore accentuée, quand on possède des clients à travers le monde entier. Impossible de prévoir une opération de maintenance sur un fuseau horaire qui arrangera tout le monde. Avec tant de variables en jeu, même un tout petit grain de sable dans la machine peut avoir de très importantes conséquences.

Dans son analyse de la panne, OVH donne quelques détails supplémentaires. « OVHcloud exploite un backbone (cœur de réseau Ndlr.) mondial qui couvre tous les continents. Pour assurer la meilleure portée possible à ses clients, le backbone est entièrement maillé. Par nature, ce maillage signifie que tous les routeurs […] sont directement ou indirectement connectés les uns aux autres et échangent constamment des informations de routage. » Pour le dire simplement, en voulant améliorer la qualité de son réseau OVH a également créé des faiblesses. Une simple erreur de copier-coller dans la configuration d’un routeur s’est rapidement propagée sur tout le système. Créant cette fameuse panne.

Maintenir une architecture réseau comme celle d’OVH exige donc de jongler entre les problématiques d’efficacité, de prix et de fiabilité. Autant dire que l’équilibre est compliqué à trouver. La petite heure qu’a duré la panne nous aura au moins rappelé qu’internet est un réseau extrêmement complexe et que personne n’est à l’abri d’un bug, qu’on s’appelle OVH ou Facebook.

 

Introduction en Bourse à prix bas pour du cloud computing

Le groupe OVH, premier fournisseur européen de services d’informatique dématérialisée, fera vendredi ses premiers pas sur Euronext Paris sur la base d’un prix d’introduction de 18,50 euros par action. Fixé en bas de la fourchette visée, ce prix valorise donc l’entreprise 3,5 milliards d’euros.

OVH Groupe, le leader européen des services de cloud computing, a annoncé jeudi soir le succès de son introduction sur le compartiment A (réservé aux plus grandes capitalisations) d’Euronext Paris, sur la base d’un prix de 18,50 euros par action, la borne basse d’une fourchette indicative qui allait jusqu’à 20 euros. Sur cette base, la capitalisation boursière d’OVHcloud s’élève à environ 3,5 milliards d’euros, et les titres nouvellement émis rapporteront à l’entreprise un montant, hors frais liés à l’opération, d’environ 350 millions d’euros. La taille totale de l’opération atteint 400 millions en comptant les actions existantes cédées par KKR et TowerBrook Capital Partners.

Au terme de l’opération, la famille Klaba conservera une part majoritaire de 69,6% du capital, KKR et TowerBrook Capital Partners détenant chacun 8,4% (7,6% si ces fonds cèdent des titres supplémentaires en cas d’exercice par les banques de l’option de surallocation, option valable un mois maximum, ce qui porterait le total levé à 460 millions d’euros).

L’offre a suscité selon l’entreprise une « forte demande émanant d’investisseurs institutionnels de premier rang, en France et à l’étranger », et a suscité du côté des particuliers en France « la plus forte participation pour une introduction en Bourse sur le compartiment A d’Euronext Paris depuis 10 ans, hors privatisation », c’est-à-dire hors FDJ. Néanmoins, les particuliers seront largement servis, à hauteur de 100% des 200 premiers titres demandés et de 81% au-delà.

La nécessité de réussir en Bourse

OVHcloud est surtout connu pour ses services d’hébergement web, alors que la société possède plus de 400 000 serveurs à travers le monde, répartis dans 32 datacenters au sein de 19 pays. Cela dit, elle ne possède qu’un million de clients, comparé aux géants américains comme Amazon et Microsoft, qui capte une grande partie du reste du marché. S’introduire en bourse, côté OVHcloud, était indispensable pour sortir du statut limité de licorne et rejoindre le marché des capitaux, soulever des fonds et accélérer sa croissance et son développement.

D’un point de vue européen, le fleuron français sera un vrai porte-étendard à encourager. Une partie des services de recherches et développement sont basés à Roubaix, dans les Hauts-de-France, mais à la manière d’Airbus, OVHcloud est avant tout une entreprise européenne qui aura besoin de la force de tous pour espérer tenir tête aux GAFA dans le stockage en ligne. D’ailleurs, cette introduction en bourse vise aussi à accélérer l’expansion de la société en Amérique du Nord et en Asie.

« Cette opération nous donne à la fois des moyens supplémentaires pour accélérer notre croissance et renforcer notre position de champion européen et pure player du cloud, tout en soutenant notre expansion internationale et en renforçant les relations de confiance que nous entretenons avec nos parties prenantes », réagit ce matin Michel Paulin, Directeur général d’OVHcloud.

 

Nouvelles perspectives de croissance

Avec cette entrée en bourse, OVH compte assurer sa croissance dans les années à venir. Après l’opération, l’hébergeur sera valorisé environ 3,5 milliards d’euros et lèvera au passage 350 millions d’euros. Ces fonds sont indispensables à l’entreprise, qui ne capte que 2% des parts de marché en Europe. Les 98% de parts de marché restantes sont trustés par les géants du cloud que sont Amazon, Microsoft et Google.

Cette dépendance à l’égard d’acteurs américains pose d’ailleurs un problème de souveraineté numérique. Aujourd’hui, les données de santé de l’Etat sont hébergées chez Amazon, et peuvent donc être saisies à tout moment par les Américains. OVH se présente aujourd’hui comme la seule alternative crédible aux géants américains. Pour parvenir à ses objectifs, l’entreprise doit cependant rassurer sur la solidité de ses infrastructures. Mercredi, une panne au sein des infrastructures d’OVH a mis hors ligne de nombreux sites pendant quelques heures. En mars, l’incendie d’un datacenter installé à Strasbourg avait déjà bien écorné l’image d’OVH.

 

Matthieu CHARRIER

Matthieu CHARRIER est un jeune étudiant en informatique qui gère notre système informatique et partage sa passion avec vous. Matthieu saura vous aider à apprendre à utiliser un grand nombre de systèmes informatiques.