Smartphones Xiaomi bloqués à travers le monde

Smartphones Xiaomi bloqués à travers le monde

Xiaomi est un acteur majeur du marché de la téléphonie. Ce n’est donc pas un hasard si le Xiaomi 12 est aussi attendu. Mais saviez-vous que le constructeur bloque les smartphones dans certains pays ? Plus précisément Cuba, le Soudan du Sud, la Syrie, la Corée du Nord ou encore l’Iran et la péninsule de Crimée. Des territoires où la firme chinoise est interdite, compliqués en termes de relations internationales, de droits de l’homme et de terrorisme. Et si Xiaomi n’exporte pas vers ces régions, les revendeurs sont bien présents. C’est pour cela que le constructeur prend des mesures supplémentaires.

Notons que Xiaomi ne verrouille que les appareils nouvellement activés. Cela veut donc dire que, théoriquement, vous pouvez lancer un appareil de la firme pour la première fois en dehors de ces territoires puis en profiter une fois sur place. Mais là où les consommateurs sont mécontents, c’est que Xiaomi ne mentionne pas le verrouillage d’un appareil en cas d’activation dans ces territoires.

Il est mentionné dans quels pays l’exportation est interdite mais sans précision des conséquences. Il est déjà arrivé que des constructeurs soient sanctionnés pour avoir exporté des technologies dans des territoires sensibles. Le meilleur exemple reste ZTE, victime de sanctions américaines après avoir autorisé l’exportation de ses produits dans des pays interdits. Et donc de technologies conçues aux USA comme Android et autres composants.

 

Xiaomi rend ses smartphones inutilisables dans les pays sur liste noire

Le blocage ne prend pas nécessairement effet immédiatement. Le processus peut prendre deux jours pour avoir lieu. Lorsque c’est le cas, le smartphone affiche le message suivant : « La politique de Xiaomi ne permet pas la vente ou la fourniture du produit sur le territoire dans lequel vous avez tenté de l’activer. Veuillez contacter directement les détaillants pour obtenir des informations supplémentaires ». En effet, il est bien indiqué dans ses conditions générales d’utilisation qu’il est interdit d’importer des produits Xiaomi dans ces pays.

En revanche, cette nouvelle fonctionnalité n’apparaît pas dans le document. Les utilisateurs ne sont à aucun moment prévenus du blocage à venir de l’appareil. Malgré tout, il semblerait que ce dernier n’intervienne que lorsque le smartphone est activé à l’intérieur du territoire interdit. Il est donc possible, en théorie, d’activer celui-ci dans un pays autorisé puis, par la suite, de l’emmener dans le territoire sur liste noire. Quoi qu’il en soit, cette nouvelle mesure de Xiaomi pourrait bientôt être imitée par ses concurrents.

Des pressions américaines sur Xiaomi ?

La firme explique que cette mesure de blocage a été appliquée pour protéger la sécurité des données de ses utilisateurs, mais aussi les droits du consommateur. Certains observateurs y voient néanmoins le signe d’une pression américaine sur la marque pour la contraindre à agir contre le trafic de ses produits vers les pays sous sanctions internationales.

La marque parle pour sa part d’un blocage « temporaire » des mobiles concernés, le temps d’une enquête, et explique même que ce blocage est désormais terminé. « L’enquête a obtenu des résultats significatifs, et les appareils concernés peuvent être déverrouillés dès maintenant », a notamment promis un porte-parole de Xiaomi cité par le Global Times.

Pour rappel, les États-Unis gardent à l’œil les marques technologiques chinoises et les liens commerciaux, parfois troubles, qu’elles peuvent entretenir avec les pays sanctionnés. L’année dernière, Reuters publiait à ce propos une enquête suggérant que Huawei aurait contourné l’embargo américain imposé contre l’Iran en passant par Skycom Tech, une entité que Huawei présentait initialement comme un partenaire, mais qui serait en réalité une filiale intégralement gérée par le groupe.

 

Matthieu CHARRIER