Tim Berners-Lee, le créateur du Web, vend une copie de son code informatique

Tim Berners-Lee, le créateur du Web, vend une copie de son code informatique

Par nature, on ne peut pas acheter Internet : l’usage du socle informatique du réseau mondial est libre. Mais le 23 juin, la maison de vente aux enchères Sotheby’s a proposé l’un de ses piliers, une copie du code émis en exemplaire unique par l’un des principaux contributeurs historiques d’Internet, Tim Berners-Lee, créateur du Web – la « Toile », qui permet de naviguer de site en site. Et, après une folle semaine d’enchères, le 30 juin, un acheteur non identifié l’a acquise pour la somme de 5,4 millions de dollars, soit environ 4,55 millions d’euros.Ce code informatique est enregistré sous la forme d’un NFT (jeton non fongible), un fichier informatique verrouillé par un certificat d’authenticité sophistiqué comparable à celui qui protège les bitcoins. Ce NFT renferme les 10 000 lignes de code informatique rédigées au début des années 1990 par Tim Berners-Lee, dûment datées, ainsi qu’une capture d’écran de l’intégralité de ce code, et une vidéo de trente minutes montrant ces lignes défiler.

 

Tim Berners-Lee, père d’internet

En 1989, le Britannique Tim Berners-Lee, physicien devenu informaticien, avait imaginé un système de partage de l’information qui devait permettre à des scientifiques d’accéder à des données où qu’ils se trouvent dans le monde. Alors employé du Centre de calculs du CERN (à l’origine le Conseil européen pour la recherche nucléaire devenu Organisation européenne pour la recherche nucléaire), près de Genève, il avait baptisé ce nouveau réseau World Wide Web (WWW).

En 1990 et 1991, il a écrit le programme qui créait le premier navigateur internet, posant les bases pratiques du web actuel. Au passage, il a inventé les concepts d’URL (adresse internet), HTTP (qui permet de retrouver un site) et HTML (le langage informatique type pour créer des pages internet).

Tim Berners-Lee, inventeur de génie

En 1990 et 1991, il écrit le programme qui créait le premier navigateur internet, posant les bases pratiques du web actuel. Au passage, il invente parallèlement les concepts d’URL (adresse internet), HTTP (qui permet de retrouver un site) et HTML (le langage informatique type pour créer des pages internet). Décidé à faire de cette toile un espace ouvert, Tim Berners-Lee ne brevète pas son programme et le met gratuitement à disposition de tous, contribuant ainsi à sa diffusion.

Un peu plus de trois décennies plus tard, il mettait en vente les fichiers d’origine du programme comme objet de collection. À l’issue de ces enchères, l’homme, resté fidèle à lui-même, compte reverser l’intégralité des recettes à des œuvres de charité. Le lot comprenait une version animée de ces presque 10 000 lignes de code et une lettre de l’auteur. «Il y a dix ans, nous n’aurions pas pu» faire cette vente, pointe pour sa part Cassandra Hatton. L’arrivée de la technologie NFT, permettant de créer un certificat numérique de propriété infalsifiable, a en effet changé la donne aux yeux des collectionneurs, désormais rassurés par la traçabilité de leurs acquisitions.

 

Une enchère permise par le NFT

Cassandra Hatton, vice-présidente de la maison d’enchères Sotheby’s, explique que c’est la technologie NFT qui a permis cette vente. Son système de certificat numérique de propriété infalsifiable rassure les acheteurs et acheteuses qui souhaiteraient acquérir des biens numériques. On parle ici d’environ 10 000 lignes de codes et d’une lettre de l’auteur.

Tim Berners-Lee était employé du CERN (Conseil européen pour la recherche nucléaire), aujourd’hui renommé Organisation européenne pour la recherche nucléaire, quand il invente un système informatique permettant aux scientifiques de se partager des informations et des données rapidement à travers le monde. Ainsi nait le World Wide Web, ainsi que le premier navigateur internet , le système d’URL, le HTTP ainsi que le HTML.

 

Œuvres de charité

Le NFT contient encore une lettre dans laquelle le scientifique explique les conditions dans lesquelles ce code source a été créé. Il y explique notamment son principal apport qui réside en trois innovations : l’URL, une adresse unique permettant d’identifier mondialement chaque document, le HTML, le langage informatique dans lequel les pages Internet sont encore aujourd’hui souvent rédigées, et le HTTP, les règles de communication qui permettent notamment à un navigateur Internet d’aller récupérer des informations sur un ordinateur distant.

Le chercheur s’est défendu auprès du Telegraph de l’accusation de mercantilisme en comparant cette initiative à la vente d’un livre dédicacé, ou à la tenue d’une série de conférences. « C’est totalement aligné avec les valeurs du Web », a-t-il déclaré au quotidien britannique.

 

 

Sébastien