Précisions techniques sur le réseau FTTH de Free et la Freebox Optique
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Lors du lancement de la TV Perso, quelques vidéos étaient déjà disponibles sur le service dans la rubrique Vidéo Club (différé), parmis celles-ci une vidéo (identifiant 17871) d’un NRO (Noeud de Raccordement Optique pour la FTTH) de Free et deux autres (identifiant 17677 et 17634) de la Freebox Optique.

Nous allons donc tenter de commenter ces quelques images et vous en dire plus sur le côté technique du raccordement des foyers en FTTH.

Nous savons tous que Free a fait le choix d’utiliser la technologie FTTH P2P (voir notre précédent dossier à ce sujet) qui consiste à relier chaque abonné par une fibre qui lui est propre permettant ainsi de n’avoir aucune contrainte d’évolution en terme de débit mais qui est en revanche la technologie la plus longue à déployer.

Les fibres optiques à destination des abonnés partent depuis le NRO dans de gros câbles de 720 fibres. Ces derniers passent par les égouts pour atteindre le pied de nos immeubles.


Arrivé des câbles optique de la rue

Dans le NRO,ils poursuivent leur trajet sur des chemins de câbles et remontent jusqu’au premier étage où se trouvent les fameux switchs optiques où sont raccordés les abonnés.


Les câbles au sous-sol…


Et les câbles au premier étage

Ces derniers terminent leur chemin sur les boitiers d’éclatement que voici.

La mission consiste maintenant à séparer chaque brin de fibre pour le souder à ce que l’on appelle des pigtails (demi-jarretière). Ce sont des morceaux de fibre optique ; ceux-ci étant constitués d’un brin de fibre nu où l’on va souder la fibre de l’abonné à l’une des extrémités et d’un connecteur à l’autre. Free utilise de la connectique de type SC/PC dans la vidéo (voir photo ci-dessous).


Un pigtail


Un connecteur SC/PC


Un câble 12 FO (12 brins de fibre)

Pour souder les fibres entre elles, on utilise la soudure à l’arc électrique (épissurage), voici comment se déroule cette opération :
Tout d’abord il faut que les deux brins de fibre que l’on veut souder (celle de notre abonné et le pigtail) soient parfaitement propres (et oui car le moindre grain de poussière peut être fatal). Il faut également ôter les différentes gaines de protection qui entourent notre fibre.

Une fois celle-ci débarrassée de toutes ses impuretés, il faut la cliver, c’est à dire qu’il faut la tailler de manière à former un angle droit pour qu’elle puisse se solidariser parfaitement avec son pigtail.

Pour ce faire on utilise ce qu’on appelle une cliveuse qui fait tout ce travail automatiquement. On positionne le brin de fibre au centre de l’outil, puis on rabat le clapet pour la maintenir en place, et enfin, on presse dessus, et paf, ça fait des Chocapic ®. On récupère ainsi notre fibre optique parfaitement taillée.


Une cliveuse à l’oeuvre

Maintenant que notre fibre est taillée, il ne reste plus qu’à la souder avec le pigtail. C’est le travail de la soudeuse (sans blague !).


La soudeuse utilisée par Free

C’est un peu les mêmes gestes que pour le clivage sauf que l’on met en plus une protection d’épissure pour éviter qu’elle ne se rompt.

La soudeuse est équipée de caméras et de plateaux motorisés qui vont permettre d’aligner parfaitement les deux fibres avant de réaliser l’épissure.


Alignement des deux brins de fibre observés sur l’écran de la soudeuse, on peut clairement distinguer le coeur de la fibre au centre.


Réalisation de l’épissure avec l’arc électrique

Une fois cette dernière terminée, il faut faire chauffer la protection d’épissure pour qu’elle se rétracte sur la fibre et la protège pleinement (même principe que la gaine thermorétractable). Pour ce faire, la soudeuse est équipé d’un “mini-four”.


Soudure terminée. On voit également la protection d’épissure (petit tube en plastique).


“Mini-four” de la soudeuse (sur la partie haute de celle-ci)

Une fois les raccords terminés on va pouvoir accrocher le pigtail à la baie et lover (enrouler) le surplus de fibre qu’il reste dans les cassettes prévus à cet effet. On enclenche également la protection d’épissure sur les supports prévus à cet effet, toujours dans les cassettes.


On voit ici les pigtails (à gauche en bleu et jaune) qui partent vers les cassettes (à droite en gris), où se trouve aussi l’épissure.

Sur ces baies de brassage optique on va connecter les jarretières qui vont permettre de relier la fibre du client au port du switch qui lui correspond.


Une jarretière optique SC/PC-SC/PC


Jarretières optiques qui brassent les clients vers les switchs (les quelques fibres connectées sont à priori des bêta testeurs si on en croit le cher Monsieur de la vidéo)

Celles-ci empruntent des gaines qui circulent sur les chemins de câbles au niveau du plafond pour terminer enfin leur route sur les switchs optiques.


Un switch optique de Free


Les jarretières optiques connectés sur le switch

Ces switch au nombre de 3 par baie, sont des Cisco Catalyst 4510R, c’est ce qu’on appelle des switchs modulaires, c’est à dire qu’ils se composent d’un chassis avec un certain nombre d’emplacements (dans le modèle de la vidéo il y en a 10) dans lesquels on y insère des cartes aux fonctions diverses (c’est le même principe que les DSLAM Freebox).

L’alimentation électrique du switch se fait aussi par le chassis où l’on insère des gros blocs d’alimentation. Il y a la possibilité d’en mettre deux pour la redondance mais sur la vidéo il n’y en a qu’un seul (situé sur la partie haute du switch).


Un bloc d’alimentation pour Cisco Catalyst 4500 Series

Il existe également d’autres chassis avec des tailles inférieures pour les petits NRO par exemple : 3, 6 et 7 slots qui peuvent gérer respectivement 96 et 240 abonnés, le modèle de 7 emplacements étant le même que celui de 6 sauf qu’il offre la possibilité de mettre deux cartes de routage.


La famille Cisco Catalyst 4500 Series au grand complet :)

Les chassis de Free (vus dans la vidéo) sont composés d’une carte de routage (Supervisor V-10GE) sur laquelle se trouvent les ports fibre d’uplink vers le réseau de Free (2 ports X2 à 10 Gbps chacun et 4 ports SFP (voir définition à la fin du dossier) à 1 Gbps chacun sont disponibles sur la carte, autant dire qu’il y a de la marge…) mais seul 1 port à 10 Gbps est (pour le moment) utilisé. Cette carte a pour but de gérer tout le trafic généré par les abonnés du chassis, et il y a là également la possibilité d’en mettre une seconde pour la redondance encore une fois.


Une carte Supervisor V-10GE et ses modules X2 à 10 Gbps à gauche, et SFP à 1 Gbps à droite.


Une autre photo des switchs optiques

Les clients sont raccordés sur des cartes appelés “Line cards” de 48 ports SFP ce qui fait qu’il y a 48 clients par carte (contre 72 actuellement sur les DSLAM Freebox) et il y a 8 cartes par chassis soit un total de 384 abonnés par chassis (contre 1008 pour un DSLAM Freebox) ce qui fait 1152 clients par baie.


La carte de 48 ports SFP où sont raccordés les abonnés FTTH


Un routeur Cisco CRS-1 16-Slot utilisé par Free pour le coeur de son réseau

Voilà pour ce qui est du NRO, maintenant nous allons nous intéresser à la Freebox Optique avec tout de même quelques interrogations qui subsistent.

Cette nouvelle déclinaison de notre boite à tout faire dispose désormais d’une toute nouvelle connectique à l’arrière :


Vue arrière d’une pile de Freebox Optique, on peut remarquer que la seconde en partant d’en haut n’a plus son capuchon de protection du port SFF.

Nous retrouvons donc comme connecteur (de gauche à droite) :

  • Un connecteur d’antenne pour le WiFi, visiblement le même que sur les versions précédentes
  • Un port SFF : c’est là où la fibre sera raccordé côté client, le port SFF est identique au SFP (les mêmes que sur les switch optique) sauf que le module (transceiver) qu’on insère dedans n’est pas amovible, il est soudé sur la carte mère (voir notre actualité précédente à ce sujet). On remarque que c’est toujours de la connectique SC/PC (voir photo plus haut) sur une seule fibre (qui fait donc émission et réception).


Gros plan sur le port SFF

  • Le port RJ11 pour la téléphonie sur IP
  • Le switch Ethernet de la Freebox : chaque port possède désormais ses propres voyants d’activité (petites bulles vertes sur la photo), c’est peut-être la fin des 4 petites LEDs en façade ?


Gros plan sur le port RJ11 de la Freebox et le switch Ethernet (Gigabit ?)

  • Le second connecteur d’antenne pour le WiFi
  • Un port SFP vide et ses deux LEDs d’activité : à quoi peut-il bien servir ?


Gros plan sur le port SFP vide de la Freebox

  • Un port HDMI pour la TV
  • Le port péritel (le même que le boitier HD)
  • Une sortie audio optique SPDIF
  • Un port USB
  • L’alimentation électrique en 9V toujours
  • Et le dernier connecteur d’antenne pour le WiFi


Les autres connecteurs de la Freebox Optique

La carte mère utilisée dans cette Freebox est la même que celle que nous vous avions présenté il y a cinq mois (c’était la version définitive).

C’est sur ces mots que va se conclure ce dossier, vous pouvez retrouver l’ensemble de nos articles concernant le FTTH chez Free sur cette page en attendant les annonces du lancement de l’offre prévus pour cet été.

* SFP (Small Form-Factor Pluggable) : c’est un transceiver, c’est à dire une interface qui va convertir un signal optique, en un signal électrique.

Beta test : Vous pouvez maintenant commenter les articles sans être inscrit :-)

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