Armageddon : Free construit la Boucle Locale Fibre (FTTH)
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Free donne le coup denvoi du déploiement de la fibre jusquà labonné (FTTH)

Les rumeurs se confirment donc et nous avions raison quand dans notre article, nous parlions d’une société (PN) à travers laquelle le groupe Iliad allait déployer de la fibre optique, plus précisément : une Boucle Locale Fibre (BLF).

Iliad vient tout juste de rendre public le communiqué de presse officialisant cet intérêt néanmoins pas si soudain puisque la direction préparerait tout ceci depuis 2000 et une équipe travaille sur le projet depuis janvier de cette année.

C’est l’occasion de faire un petit flashback sur les années Iliad/Free sur le paysage Internet Français.

Bref historique d’Iliad :

  • 1980 : Création d’Iliad
  • 1994 : 1er FAI avec Worldnet
  • 1999 : 1er FAI gratuit avec Free
  • 2002 : 1ère Set Top Box : la Freebox
  • 2002 : Lancement du FreeIX (GIX )
  • 2003 : 1ère offre de VoIP grand public
  • 2003 : 1ère offre de TV sur ADSL
  • 2004 : 1ère offre dADSL 2+
  • 2006 : 1ère offre de TV HD

Iliad a débuté avec des services Minitel comme le très connu 3617 ANNU, pour attaquer le haut débit en 2002. Ayant rapidement fait le tour des différents constructeurs mondiaux et ne trouvant rien de satisfaisant à l’époque (NdM : pas de DSLAM IP notament), Xavier Niel entreprend de mettre en place une équipe de recherche et développement Freebox, qui aura en charge la conception du couple modem/DSLAM du même nom. On découvre alors en France le premier modem doté d’une interface TV (péritel) : la Freebox.

Celle-ci a évolué aussi vite que l’offre s’est étoffée en services associés. Dès 2003 la VoIP (Voix sur IP) arrive pour la première fois en France sur un parc nationnal grand public et elle permet aux abonnés de téléphoner gratuitement vers les téléphones fixes en France à partir de la ligne téléphonique de la Freebox. Ce service de téléphonie a évolué également, ne serait-ce que côté infrastructure où la collocation est encore actuellement en train d’être revue afin de minimiser les coûts des appels longue distance (exemple : un appel de Paris à Brest se faisait de Paris à Nantes en voix sur IP puis en RTC de Nantes à Brest. Free devait donc fournir un appel gratuit en prennant à sa charge l’appel en tarif national facturé par France Télécom. La collocation permet donc maintenant à Free d’effectuer Paris – Brest en voix sur IP et de ne payer que du tarif local pour un appel sur ligne fixe France Télécom.).
Toujours en 2003, Free sort son offre de TV par ADSL, toujours premier sur le marché, et obtient les accords de diffusions du bouquet Canal+ sur l’offre FreeboxTV. Aujourd’hui les bouquets Canal + le bouquet et Canalsat sont diffusés via la Freebox.
Depuis 2004, Free s’est efforcé à migrer son parc de DSLAM de la première version à la deuxième. Ceux-ci permettent des synchronisations ATM selon la norme ADSL2+ et ReADSL 2 et constituent actuellement un parc de 2000 DSLAM. Une nouvelle version plus petite a vu jour en 2006 afin de pouvoir à moindre coût équiper les NRA HD, Outdoor ou NRA où la concentration en abonné est plus faible (voir notre article sur les mini DSLAM Freebox).
C’est au mois d’avril 2006 que la version actuelle de la Freebox montre son nez. Suivi un mois plus tard de ce qu’elle est désormais capable de fournir : la TV HD. Tout d’abord des concerts sur un canal dédié, puis progressivement des chaînes viennent étoffer cette offre de TV HD.

Parmis les différents services, celui de la TV en multiposte, permet la réception d’un flux TV sur un ordinateur. Ceci est valable avec les flux HD. Une des limites de l’ADSL même dans sa version 2+ et même dans sa version Nitro, apparaît clairement : le manque de bande passante. Si la majeure partie des gens n’ont besoin que d’un débit limité pour leurs usages Internet, la TV est bien plus gourmande, et surtout, bien plus présente que les ordinateurs. Ainsi, une famille qui dispose de 3 TV et qui veut regarder 3 chaines différentes a besoin de 16mbps. L’ADSL a un défaut : le débit est fonction de la distance qui sépare un abonné de son central. Selon les qualités de ligne il n’est pas rare de voir un tel débit pour les abonnés disposant d’une ligne de moins de 2km (en ADSL2+). Ceci étant, beaucoup pensent que le cuivre, qui a pourtant permis un déploiement rapide des technologie xDSL, a encore de long jours devant lui à travers des évolutions comme le VDSL2 qui permet un débit symétrique de 50mbps, mais encore plus contraignant que l’ADSL2+ pourtant déjà extrèment sensible. Ajoutons à cela le pouvoir perturbateur du VDSL sur les lignes voisines, et nous avons là une 3e mi-temps d’un match qui est pourtant déjà joué.

C’est pour répondre à cela, et apporter une qualité de service inatteignable par le cuivre (combien de ticket Gamot, dérangements, problèmes de nettoyage de ligne, perturbations en ligne, mutations, etc… nécessaire l’entretien d’une connexion), que Iliad/Free décide aujourd’hui en 2006 de se lancer dans un tout nouveau projet : La Boucle Locale Fibre !

Projet pourtant démenti à plusieurs reprises, Free s’investit donc bel et bien, commençant par la ville de Paris. Ce projet s’inscrivant néanmoins, comme le souligne le communiqué, dans la volonté de la Ville de Paris de favoriser le développement du très haut débit à Paris, Iliad/Free bénéficiera d’une mise en oeuvre facilitée et à coût réduits. C’est à travers la société PN que nous avons récement découverte et fait état dans cet article, désormais filiale à 100% d’Iliad, que Free se donne 2ans pour couvrir l’ensemble de Paris soit 70 POP (Point Of Presence) qu’il placera désormais à sa guise et ne sera plus esclave des centraux de France Télécom. PN a par ailleurs d’ores et déjà commencé à acheter des sites afin d’y placer ses NRO (Noeud de Raccordement Optique).

En effet à travers cette nouvelle BLF, Free tourne une page. Celle de dépendance à France Télécom. Cela signifie donc une amélioration de ses marges, et une qualité de service identique quelque soit la distance entre un abonné et son NRO (Noeud de Raccordement Optique). Ceci signifie également : exit les DSLAM, et place à un réseau totalement commuté. Nous entrons donc dans un nouveau type de réseau, sur le principe des réseaux MPLS et L2TPv3. Les DSLAM sont donc ici remplacé par des Switch.
Cette BLF bénéficie donc de l’aide de la ville de Paris, et pourra à 90% emprunter les égouts, le reste étant principalement du genie civil.

La fibre pour quels usages ?

Nous venons de voir succintement les limites que nous connaissons avec l’ADSL. La fibre optique jusqu’à l’abonné permet la diffusion de flux TV non compressés et en multicanal ! Ainsi tous les membres d’une famille peuvent regarder une chaîne de TV différente. Le multiposte étant possible avec plusieurs Freebox HD mais aussi avec plusieurs ordinateurs du réseau local (LAN). Vient ensuite la VoD (Video on Demand), on peut alors concevoir de la VoD HD multicanal. Mais la TV n’est pas le seul usage !

En effet il est aujourd’hui difficile d’approcher l’idée d’envoyer des films personnel autoproduits (DV) par les services qu’on connait (DailyMotion, YouTube, etc…) et ce en temps réel.
C’est précisément dans l’ère du Web2.0 que nous entrons. Une nouvelle façon de naviguer, imaginez des services comme Geoportail qui deviennent instantanés. Certains se laissent à penser que le Web2 entérinera la fin des applications de bureau en local. Beaucoup de services laissent croire que celà devient possible, notament grce au langage AJAX, qui sert des sites comme GMail (messagerie), Writely (travail collaboratif dans un traitement de texte dynamique), ou encore les sites comme AjaxWrite (traitement de texte en ligne ), plus étonnant : AjaxOS.

Accessoirement il sera éventuellement possible de disposer de plusieurs lignes de téléphone, et d’en augmenter la qualité d’écoute (meilleures latences et plus gros débit)

Une nouvelle façon de concevoir sa connexion Internet avec un débit symétrique, des latences très faibles propices aux jeux en réseaux, la haute disponibilité d’un réseau commuté.
De nouvelles applications comme l’hébergement à domicile deviennent sérieusement envisageable, produire sa propre WebTV et faire du PeerToPeer commuté sont également de la partie.

Une fibre pas seulement pour des services mais aussi pour abandonner le cuivre. Celui-ci est source de problème en tout genre : dérangements comme cité plus haut, baisse aléatoire de débit, dégradation naturelle des filtres (chez l’abonné mais également et plus souvent au répartiteur), plantage des broches ADSL sur les DSLAM. Des problèmes qui entraînent une mauvaise qualité de service souvent, et à tord, reprochée aux fournisseurs d’accès, impuissant face à cette BLC (Boucle Local Cuivre) capricieuse.

Enfin, elle permettra à Free de s’affranchir de la location des fibres, de la BLC, des charges en énergie qui incombe à France Télécom également, mais aussi des locaux, salles de dégroupage, liens de collecte, etc…

Le choix de Free : La technologie FTTH EFM dite P2P (1000BASE-LX-10). – 802.3ah

Free a choisi cette technologie pour sa qualité de service mais également parce que c’est une technologie d’avenir et il entend bien la déployer comme telle. Pour se faire le choix de la technologie FTTH P2P est le plus audacieux mais le plus ambitieux. En effet là où d’autres technologies fibre ont leurs avantages, une technologie fibre FTTH en Point à Point signifie qu’une fibre relie directement (ou via soudure mais pas de multiplexage) un abonné à son NRO.
Free avait également le choix des technologies G-EPON (Gigabit -Ethernet Passive Optical Network) qui consiste à multiplexer les données pour déployer un réseau « en grappe » (comme une arborescence). Le PON permet pourtant un déploiement plus rapide, et à moindre coût puisque une fibre dessert plusieurs clients. Ceci dit le PON connaît des limites en débit. La fibre étant multiplexée, plusieurs foyers partagent la même au moyen de splitter passif. C’est le choix qu’à fait France Télécom pour ses expérimentations et le choix que ferait n’importe quel opérateur déployant un réseau fibre sans grandes convictions.

Les images ci-dessus montrent clairement la différence entre les technologie P2P et PON. Dans le cas du PON, les fibres rejoingnent toutes une autre et sont multiplexées à l’aide de petits splitters passifs pour être multiplexées selon la technologie TDMA (Time Division Multiple Access). Dans la cas d’une boucle locale P2P, la fibre partant du domicile de l’abonné est la même que celle qui arrive au NRO (moyennant éventuellement des soudures pour adopter la bonne distance).

Ce choix de FTTH « EFM » permet lui en théorie, des débits illimités, bien sûr sous réserves que les équipements le supportent, avec une fibre dédié par foyer. Chaque abonné en est propriétaire de bout en bout et aucun équipement n’est nécessaire entre le switch NRO et le terminal optique. C’est du P2P Ethernet… c’est à dire ce qui a déjà été utilisé avec succès depuis plus d’une décénie. Le choix de la fibre devait se faire, et c’est une fois de plus Free qui ouvre la marche.

A bientôt dans le groupe proxad.free.ftth 😉

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