COVID-19, retour à la vie d’avant

COVID-19, retour à la vie d’avant

Les Français, toujours masqués, ont retrouvé des pans entiers de leur vie d’avant le confinement dans un contexte d’évolution « très favorable » de l’épidémie de Covid. Dans le cadre de la troisième étape du déconfinement, nombre d’entre eux sont allés dans les salles de cafés et restaurants qui peuvent accueillir du public depuis mercredi. Salles de sport, parcs d’attractions et salons professionnels ont aussi été rouverts.

 

Retour à la vie d’avant ou presque en France

Café ou choucroute dégustés en salle, piscines et centres sportifs rouverts: les Français ont retrouvé des pans entiers de leur vie d’avant, mercredi, dans un contexte d’évolution «très favorable» de l’épidémie de COVID-19.

Restriction identique pour le service en salle dans les cafés et restaurants qui peuvent désormais accueillir du public à l’intérieur, trois semaines après la réouverture des terrasses, accessibles à 100% de leur capacité.

Pas question toutefois de s’accouder au comptoir et les clients doivent s’enregistrer dans un cahier de rappel (aussi sous forme de QR code).

Joseph et Viviane, un couple de retraités luxembourgeois, sont des habitués de la très traditionnelle Maison Kammerzell à Strasbourg. Ils ont pris leur «plat préféré: la choucroute aux trois poissons» et malgré un soleil radieux, dédaignent la terrasse, car ils préfèrent «être au calme».

 

Retour au bureau.

Le 9 juin signe aussi les retrouvailles avec les collègues. Les salariés sont invités à reprendre progressivement le chemin du bureau. Pas de règle fixée par le gouvernement mais la tendance générale dans les entreprises est de «deux ou trois jours de télétravail», constate le vice-président de la CPME. Rien de révolutionnaire quand nombre d’entre elles avaient déjà relâché les efforts avant la date officielle. Un télétravail que les entreprises devraient pérenniser par des accords avec les syndicats, car bouder ce mode d’organisation devenu usuel pourrait «ringardiser» leur image, selon un expert. Selon l’Association nationale des DRH (ANDRH), des salariés ont d’ores et déjà déménagé et mettent leur employeur «devant le fait accompli» tandis que des candidats résidant en province n’hésitent plus à postuler pour des postes en région parisienne sans avoir l’intention de s’y installer. «L’individuel ne doit pas prendre le pas sur le collectif», prévient toutefois Audrey Richard, la présidente de l’association. En attendant, les restaurants d’entreprise se préparent à reprendre leur activité avec un protocole allégé. Les salariés pourront dorénavant déjeuner à six autour d’une table.

 

Passer les frontières.

Le retour à la vie d’avant signifie aussi partir. Et pour les vaccinés, c’est possible hors d’Europe depuis mercredi sans motifs impérieux pour un certain nombre de pays classés selon la circulation du virus. En théorie car, dans les faits, les pays eux-mêmes peuvent interdire leur accès aux touristes français. C’est par exemple le cas de l’Australie ou du Japon. «La réciprocité n’est pas un prérequis ni un préalable», reconnaissait la semaine dernière lors d’un point presse le secrétaire d’État au Tourisme. Pour les étrangers voulant entrer en France, un découpage en trois zones est également défini. Vaccin ou tests PCR, pour chacun des groupes de pays des règles spécifiques. Si les voyagistes peuvent se réjouir de la reprise de l’activité, le remboursement obligatoire en septembre des voyages réservés non effectués va peser lourd sur leur trésorerie. 1,6 milliard d’avoirs sont aujourd’hui en suspens selon l’Association Professionnelle de Solidarité du Tourisme (APST), qui craint une cascade de défaillances d’agences de voyage.

«Évolution très favorable»

Mercredi, la capacité d’accueil des cinémas, musées, théâtres est montée à deux tiers contre un seul tiers le 19 mai, même chose pour les salles des fêtes ou chapiteaux.

Au cinéma UGC Opéra, Dominique Duforest, 66 ans s’apprête, avec «Le Discours», à voir son 12e film en trois semaines, tandis qu’une autre retraitée de 72 ans qui «en temps normal, voit 180 films par an», entend se rattraper.

Rencontrées au Louvre, Marie Moreau, 39 ans et sa fille Emma, 11 ans, mettent le cap sur la Joconde et les peintres italiens «avant le retour des touristes». «On veut profiter qu’il y ait moins de monde», explique Mme Moreau.

Jauge des deux-tiers et maximum de 5000 spectateurs s’appliqueront aussi aux festivals, autorisés en configuration assise et en plein air, tout comme les compétitions sportives: matchs de football et tournoi de Roland-Garros.

Il faudra attendre le 30 juin pour la fin du couvre-feu et des jauges dans les établissements accueillant du public. Les festivals conserveront une limite de 4 m2 par festivalier et le pass sanitaire (tests ou certificat de vaccination) au-delà des 1000 spectateurs.

Les discothèques, qui pourraient rouvrir vers le 2 juillet selon l’un des syndicats du secteur, verront leur situation réexaminée le 21 juin, jour de la Fête de la musique qui devra se passer des concerts d’amateurs au coin de la rue ou au café.

Tous ces allègements sont permis du fait d’une «évolution très favorable» de l’épidémie, y compris dans le Sud-ouest où «on a repris une dynamique à la baisse» après des signaux d’alerte la semaine passée, s’est réjoui le ministre de la Santé.

Olivier Véran a souligné la réduction accélérée des contaminations, en baisse de près de 40% «d’une semaine à l’autre», avec environ «6000 cas diagnostiqués» au quotidien. À comparer au rythme effréné des nouvelles contaminations qui av

«C’est une bonne nouvelle, nous le devons notamment à la vaccination», a souligné le ministre.

Selon des chiffres officiels, quasiment 21% de la population était considérée comme complètement vaccinée au 7 juin et l’objectif de 30 millions de primo-vaccinés (57% de la population adulte) devrait être atteint avant la date butoir du 15 juin, selon le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal.

 

Le Parlement européen favorable à une levée des brevets sur les vaccins

Le Parlement européen, en désaccord avec la Commission européenne, s’est prononcé pour une levée temporaire des brevets protégeant les vaccins contre le Covid afin de développer leur production, au terme d’un vote qui a divisé les eurodéputés.

Avec 355 voix favorables, les eurodéputés, qui tiennent leur première session plénière à Strasbourg depuis le début de la pandémie, ont demandé que les droits de propriété intellectuelle sur les vaccins soient provisoirement levés. Quelque 263 eurodéputés ont voté contre et 71 se sont abstenus.

 

« Le Parlement propose d’entamer des négociations sur la levée temporaire de l’accord ADPIC de l’OMC sur les brevets afin d’améliorer l’accès mondial à des produits médicaux abordables », a expliqué l’institution

 

Sébastien