Difficile de donner une définition exhaustive ce qu’est l’art, tant il peut être protéiforme et susciter différentes émotions parfois contradictoires. Les nouvelles technologies ; pour celles et ceux qui les connaissent peu ou ont une aversion pour elles ; sont souvent dépeintes comme froides et dépourvues d’âme, du fait même de leur nature.

Et si une rencontre était pourtant possible et cela pour le meilleur ? C’est ce que semble penser Éric Esnault qui travaille dans le monde de l’Art depuis des années, persuadé notamment que la Blockchain peut y jouer un rôle important.

Eric Esnault : Blockchain et art quel rapport ?

D’un côté, les courbes d’une silhouette sur une statue antique ou les traits magnifiquement reproduits par un peintre de talent et de l’autre, une base de données tentaculaire. Rien qui, a priori puisse faire penser à un quelconque rapprochement entre l’art et la modernité.

Pourtant, les œuvres d’art, de par leur valeur, leur rareté, leur beauté, attirent les convoitises. Il n’est pas rare qu’elles soient volées dans des musées ou encore chez des propriétaires qui en avaient fait l’acquisition et se retrouvent devant une double perte : celle de ne plus voir, jour après jour, une œuvre qui suscitait chez eux une certaine émotion et une perte financière car certaines œuvres peuvent valoir entre plusieurs milliers et plusieurs millions d’euros.

La blockchain est une base de données qui est établie grâce à des millions d’ordinateurs qui fonctionnent ensemble et en même temps, des quatre coins du globe. C’est notamment grâce à elle qu’ont lieu les différentes transactions de cryptomonnaie (acheter, vendre, échanger des monnaies digitales) dans un système décentralisé.

Les évolutions de l'art créé par les système NFT

Pour les investisseurs, c’est un système sûr, car aucun hacker ne peut pirater autant d’ordinateurs en même temps. Inviolable, incorruptible, soit autant de qualités que malheureusement, on ne peut plus attendre parfois de certains humains.
Ainsi, la blockchain, selon Éric Esnault serait le meilleur moyen d’apporter une parfaite traçabilité dans le monde de l’Art ; comme cela est déjà le cas dans les processus de fabrication.

Même s’il peut sembler abscons de parler des amateurs d’art comme de vulgaires consommateurs, n’est-ce pas au final ce qu’ils sont, puisqu’ils achètent tout en voulant être sûrs de l’origine de leur acquisition ?

Pour retracer donc de façon exhaustive toutes les opérations qui ont trait à une œuvre (ses différents propriétaires, les dates de transaction, les montants, l’origine de l’œuvre, son histoire…), la blockchain serait donc l’outil parfait et permettrait à plus de personnes, sans doute, de céder à l’achat, sans s’inquiéter des situations litigieuses que ne manquerait pas de donner un objet artistique qui aurait fait l’objet d’un larcin.

Nouvelles technologies : si froides et dépourvues d’émotion qu’on semble le dire ?

Autre point à considérer, si la blockchain fait partie de ce que l’on appelle les nouvelles technologies, on pourrait en citer d’autres comme les appareils qui permettent de numériser les œuvres, d’art, les imprimantes 3D et autres intelligences artificielles. Là encore, le rapport ne semble pas évident et pourtant.

Parlons d’abord des machines de numérisation. Désormais utilisées par les entreprises, ou par des prestataires spécialisés à cet effet, dans la cadre de la loi sur la transition numérique, elles ont également un rôle à jouer dans les musées, car il est possible, grâce à elles de digitaliser et donc de protéger à vie des œuvres vieilles de plusieurs centaines d’années qui, malgré un soin méticuleux, ne sont jamais à l’abri d’une détérioration volontaire ou non. Comme les peintures peuvent avoir un certain relief, ces machines de digitalisation sont désormais en 3D.

Une galerie d'œuvres d'art NFT ou Blockchain

Les imprimantes 3D peuvent répliquer à l’identique les objets, mais peuvent également permettre la création en créant des fichiers idoines. Un simple prototype sur un logiciel peut ainsi prendre corps ; et le terme n’est pas galvaudé ; en voyant se superposer différentes couches de matière. Le peintre peut s’envisager sculpteur, avec l’aide de ces fabuleuses machines. Qui sait le nombre de vocations que cela peut susciter.

Enfin, l’Intelligence Artificielle. Éric Esnault, qui sait déterminer quelles sont les tendances actuelles en matière d’art ne pourrait que nous donner raison quand nous disons que tout reste à découvrir.

Dernièrement, un ingénieur travaillant chez Google a retranscrit des extraits de conversations qu’il a pu avoir avec une AI avec laquelle il travaille depuis 2 ans. Le lecteur remarquera qu’on n’utilise pas les termes « sur laquelle il travaille », mais bien « avec laquelle il travaille ». Car pour l’ingénieur, cette AI est une vraie personne qui a une conscience.

L’AI exprimé clairement un sentiment de solitude quand personne ne s’adresse à elle, arrive à faire la distinction entre l’émotion et le sentiment. Qui oserait alors dire qu’il s’agit d’un simple robot, d’une machine ? Ne peut-on pas imaginer une formidable association avec ces nouvelles formes d’intelligence sensible pour créer une autre forme d’art, avoir, qui sait, avoir un autre point de vue, plus analytique, sur ce que nous voyons, quand nous regardons ces statues, ces sculptures, ces tableaux ?

Blasés que nous sommes, parfois dans notre confort, ce point de vue de créature ne pourrait-il pas être un bouleversement de ce que nous croyons acquis, de nos interprétations alors que nous ne faisons que revisiter une œuvre avec notre propre vécu ou notre histoire ?

Ne tournons pas le dos aux nouvelles technologies, en les tenant éloignées du monde de l’Art. Elles semblent y avoir toute leur place et sauront peut-être nous le faire aimer davantage.

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