OpenAI et Microsoft : le New York Times les poursuit pour usage illégal de contenu

By Flavien ROUX

L’action en justice récemment intentée par le New York Times contre OpenAI et Microsoft soulève des questions essentielles sur les droits d’auteur à l’ère de l’intelligence artificielle. Cette affaire marque un tournant dans la manière dont les contenus journalistiques sont utilisés pour entraîner les modèles d’IA, mettant en lumière les défis juridiques et éthiques associés à cette technologie innovante.

Contexte de la Plainte : OpenAI et Microsoft Accusés d’Utilisation Non Autorisée

Le New York Times, une entreprise médiatique de premier plan aux États-Unis, a récemment intenté une action en justice contre OpenAI et Microsoft. Cette plainte, déposée à la cour fédérale de Manhattan, accuse les deux géants technologiques d’avoir utilisé des millions d’articles du journal sans autorisation pour entraîner leurs chatbots, notamment le célèbre ChatGPT d’OpenAI, soutenu par Microsoft. Cette situation marque un moment clé dans l’histoire du droit d’auteur dans l’ère de l’intelligence artificielle (IA)​​.

Les Revendications du New York Times : Protection du Droit d’Auteur

Le New York Times a exprimé son mécontentement face à ce qu’il considère comme une tentative de « profiter gratuitement » de son investissement journalistique massif. Le journal soutient qu’il n’y a rien de « transformatif » dans l’utilisation de son contenu sans paiement pour créer des produits concurrentiels. Cette affaire soulève des questions critiques sur les droits d’auteur et la façon dont ils s’appliquent à l’entraînement des modèles d’IA​​.

La Réponse de OpenAI et Microsoft : Affirmation de l’Usage Équitable

OpenAI et Microsoft se sont défendus en affirmant que l’utilisation d’œuvres protégées par le droit d’auteur pour l’entraînement de produits d’IA constitue une utilisation équitable, une doctrine juridique régissant l’utilisation non autorisée de matériel protégé. Cependant, le New York Times a contesté cette affirmation, indiquant des dommages potentiels « en milliards de dollars » et demandant la destruction des modèles de chatbot et des ensembles d’entraînement incorporant son matériel​​​​.

Impact Économique et Concurrence : Un Défi pour les Médias Traditionnels

Les chatbots basés sur l’IA ont exacerbé la lutte des grandes organisations médiatiques pour attirer et retenir les lecteurs. Le New York Times a mieux résisté que la plupart, avec une augmentation significative de ses abonnés numériques. Néanmoins, la plainte soutient que les infractions réduisent la nécessité perçue de visiter son site Web, affectant potentiellement les revenus publicitaires et d’abonnement​​.

Exemples Spécifiques d’Infraction et Conséquences sur le Journalisme de Qualité

Le New York Times a cité plusieurs exemples où les chatbots d’OpenAI et Microsoft ont fourni aux utilisateurs des extraits presque textuels de ses articles. Ces exemples incluent des séries primées et des critiques de restaurants. Le journal a exprimé des préoccupations quant à la manière dont ces infractions menacent le journalisme de qualité en réduisant le trafic vers son site Web et en rendant difficile pour les lecteurs de distinguer le fait de la fiction​​.

Reconnaissance de la Valeur de l’IA et Exigences du New York Times

Le New York Times reconnaît le potentiel de l’IA générative pour le journalisme, mais insiste sur le fait que l’utilisation de son travail pour créer des outils d’IA générative doit être accompagnée d’une permission et d’un accord reflétant la juste valeur de ce travail, conformément à la loi​​.

Témoignage : Vision du New York Times sur l’IA Générative

Diane Brayton, conseillère générale du New York Times, a souligné dans un mémo interne l’importance de reconnaître le potentiel de l’IA générative tout en protégeant les investissements du journal dans son journalisme. Elle a mis en lumière l’importance de négocier des accords qui reflètent la juste valeur du contenu du journal utilisé dans ces technologies.

Une Bataille Juridique Significative dans l’Ère de l’IA

Cette action en justice souligne les défis auxquels les entreprises de médias traditionnels sont confrontées à l’ère de l’IA. Elle met en lumière la nécessité d’équilibrer l’innovation technologique avec le respect des droits d’auteur et des créations journalistiques. Le résultat de cette affaire pourrait avoir des implications majeures pour l’avenir de l’intelligence artificielle et la protection du droit d’auteur dans le monde numérique.

FAQ sur la Plainte du New York Times contre OpenAI et Microsoft

Quelle est la raison principale derrière la plainte du New York Times contre OpenAI et Microsoft ?

Le New York Times a porté plainte contre OpenAI et Microsoft pour avoir prétendument utilisé des millions de ses articles sans autorisation pour entraîner leurs systèmes d’intelligence artificielle, notamment le chatbot ChatGPT.

Quelles sont les accusations spécifiques du New York Times ?

Le journal accuse les deux entreprises de tenter de bénéficier gratuitement de son investissement dans le journalisme, en utilisant son contenu pour créer des produits concurrents sans compensation.

Comment OpenAI et Microsoft justifient-ils leur utilisation du contenu du New York Times ?

OpenAI et Microsoft affirment que l’utilisation d’œuvres protégées par le droit d’auteur pour entraîner des produits d’IA relève de l’usage équitable, une doctrine juridique qui permet l’utilisation non autorisée de matériel protégé dans certaines conditions.

Quels dommages le New York Times cherche-t-il à obtenir ?

Bien que le journal ne cherche pas un montant spécifique en dommages-intérêts, il estime les dommages potentiels en « milliards de dollars ». Il souhaite également que les modèles de chatbot et les ensembles d’entraînement qui intègrent son matériel soient détruits.

Quel impact cette plainte pourrait-elle avoir sur le journalisme et l’intelligence artificielle ?

Cette affaire pourrait définir des précédents importants en matière de droits d’auteur et d’utilisation de contenu dans le domaine de l’intelligence artificielle, influençant la manière dont les entreprises de technologie et les organisations médiatiques interagissent à l’avenir.

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