France-Soir ne peut plus utiliser la publicité de Google

France-Soir ne peut plus utiliser la publicité de Google

Le site de France-Soir, qui diffuse depuis le début de la pandémie des articles complotistes sur la vaccination ou les mesures sanitaires, a perdu l’un de ses principaux outils de financement. Google a confirmé, vendredi 10 septembre, avoir coupé l’accès du site à sa plate-forme de diffusion de publicité, Google ADS.

« Google a un règlement clair pour les éditeurs qui est conçu pour garantir à nos utilisateurs une expérience positive, tout en protégeant les marques contre la diffusion de leurs publicités à côté de contenus dangereux et trompeurs », détaille un porte-parole de Google au Monde. « Nous avons prévenu France-Soir avant de prendre des mesures, leur demandant de remédier aux violations persistantes de nos règles. Nous ne diffuserons pas de publicités Google sur leur site tant qu’ils ne respecteront pas nos règles. »

France Soir avait déjà été déréférencé de Google News en janvier 2021 et son compte Youtube (propriété de Google) avait été suspendu. Le média, qui conteste ces décisions, a été débouté en référé le 2 juin par le tribunal de commerce de Paris.

Parallèlement, le site accusé de relayer des thèses complotistes avait dû se plier au réexamen de son statut de site «d’information politique et générale» (IPG). Cet agrément lui avait finalement été accordé début avril par la commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP), chargée de reconnaître la qualité de service de presse en ligne.

Vendredi, le site affichait toujours certaines publicités, notamment grâce au réseau d’annonces automatisées Outbrain.

FranceSoir signalé à Google par des journalistes français

FranceSoir faisait partie des sites sur lesquels nous avions interpellé Google», a fait savoir la journaliste Aude Favre dans un tweet annonçant la démonétisation en question. «Le site semble avoir été démonétisé peu avant ou dans la foulée de notre enquête», a-t-elle toutefois précisé. «Le géant américain et FranceSoir sont en contentieux depuis plusieurs mois. Notre enquête a-t-elle joué dans la décision de Google ? Pour le moment ils ne souhaitent pas commenter. En tout cas la bataille des « Fric News » a bien commencé !», a-t-elle résumé dans une deuxième publication.

Le patron de FranceSoir Xavier Azalbert a le lendemain dénoncé une mesure qui constitue selon lui «une atteinte à la liberté d’expression» et «porte atteinte à la viabilité d’un organe de presse». L’avocat de la publication étudie «une citation directe au tribunal correctionnel pour discrimination consistant à refuser la fourniture d’un bien ou d’un service» susceptible d’«entraîner une atteinte à la liberté d’expression», a-t-il ajouté. Ce nouvel épisode intervient après plusieurs polémiques visant la direction de FranceSoir. Début 2021, d’anciens journalistes du média, appuyés par le syndicat national des journalistes (SNJ), ont lancé une pétition «pour que FranceSoir retrouve son honneur et sa déontologie journalistique».

 

FranceSoir étudie des suites judiciaires

Xavier Azalbert, directeur de la publication de France Soir, a lui aussi confirmé ce vendredi à l’AFP le retrait, depuis quelques jours, de leur « service de publicité » sur Google. Cette mesure constitue « une atteinte à la liberté d’expression » et « porte atteinte à la viabilité d’un organe de presse », a-t-il fustigé.

L’avocat de la publication étudie « une citation directe au tribunal correctionnel pour discrimination consistant à refuser la fourniture d’un bien ou d’un service » susceptible d' »entraîner une atteinte à la liberté d’expression », a ajouté le responsable de France Soir.

Google a également banni fin août le site américain « The Gateway Pundit », alors que son réseau publicitaire assurait à celui-ci un revenu estimé à 200.000 euros mensuels. France Soir avait déjà été déréférencé de Google News en janvier 2021 et son compte Youtube (propriété de Google) avait été suspendu. Le média, qui conteste ces décisions, a été débouté en référé le 2 juin par le tribunal de commerce de Paris.

Parallèlement, le site accusé de relayer des thèses complotistes avait dû se plier au réexamen de son statut de site « d’information politique et générale » (IPG). Cet agrément lui avait finalement été accordé début avril par la commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP), chargée de reconnaître la qualité de service de presse en ligne. Vendredi, le site affichait toujours certaines publicités, notamment grâce au réseau d’annonces automatisées Outbrain.

Des précédents pour Google

France Soir avait déjà été déréférencé de Google News en janvier 2021 et son compte YouTube (propriété de Google) avait été suspendu. Le média, qui conteste ces décisions, a été débouté en référé le 2 juin par le tribunal de commerce de Paris.

Parallèlement, le site accusé de relayer des thèses complotistes avait dû se plier au réexamen de son statut de site « d’information politique et générale » (IPG). Cet agrément lui avait finalement été accordé début avril par la commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP), chargée de reconnaître la qualité de service de presse en ligne. Vendredi, le site affichait toujours certaines publicités, notamment grâce au réseau d’annonces automatisées Outbrain.

 

Matthieu CHARRIER